Excusez-moi,
mais encore une fois, les défenseurs acharnés de la laïcité, dont
l’auteur de l’article, se trompent complètement, et ne comprennent
en réalité rien à celle-ci. On peut détester l’islam, être
opposé au port du voile par les femmes, ne pas aimer le principe
même de tenues de sport « islamiques », mais ces
considérations n’ont absolument rien à voir avec la laïcité.
Laïcité que Décathlon n’a absolument pas violée en proposant des
tenues de jogging spéciales adaptées au goût de certaines
musulmanes pratiquantes, à cheval sur certains principes religieux
traditionalistes (ceci bien que le Coran ne prescrive absolument pas
le port du voile pour les femmes, mais le fait est que ces femmes
considèrent comme une obligation religieuse de le vêtir).
La
laïcité ne s’applique en réalité qu’à l’État, et aucunement aux
individus, elle signifie pour l’État l’obligation de neutralité
absolue envers les religions, et aussi les idéologies (ce qui veut
dire qu’un État nationaliste, qui ne respecte pas les minorités ou
qui organise des cultes des morts ne peut pas être laïc). Point à
la ligne. De ce point de vue, nombre des contempteurs de Décathlon
étaient complètement à côté de la plaque. Chaque personne est
ainsi libre de manger ce qu’elle veut, de s’habiller comme elle le
veut, y compris dans l’espace public, qui n’est en aucun cas l’espace
de l’État, mais l’espace où tout un chacun est libre de se trouver.
Et aussi obligé de respecter les choix d’autrui. En fait, ce sont
ceux qui entendent empêcher des femmes de s’habiller en burkini ou
vêtements de sports « islamiques » qui violent le principe
de laïcité. Ultime ironie de ce débat, qui révèle que les
soit-disant défenseurs de la laïcité sont en réalité animés
d’une véritable intolérance ethnocentrique. Je note cependant que
ni Aurore Bergé ni Agnès Buzyn ne se sont prévalues du principe de
laïcité pour exprimer leurs positions, la deuxième exprimant même
que c’était une question de vision personnelle, la première parlant
de son choix de femme et de citoyenne, donc d’un choix personnel là
encore (même si la mention de « citoyenne » pouvant paraître
un peu déplacé suivant le contexte). Dont acte. Je suppose
cependant que elles et d’autres comme François Bayrou, Gérard
Larché, Nicolas Dupont-Aignan, Corinne Lepage etc... (tous cités
avec les deux susnommés dans le lien donné par l’auteur) ne
s’habilleront que d’une façon très raffinée, voire même
inconfortable, pour satisfaire aux exigences de leur standing social,
et n’hésiteront pas à reprocher à quelqu’un de se présenter à
l’Assemblée ou dans un ministère dans une tenue non BCBG ou trop
« peuple ». Ils n’ont donc pas d’hésitation à se conformer
à des normes vestimentaires aliénantes imposées par d’autres quand ça leur
chante. Hypocrisie, quand tu nous tiens...