Va pour la théorie et le rappel utile sur les conditions de la libre concurrence (je replonge 20 ans en arrière, quand j’étais en fac de philo).
Le problème de ce système, comme d’autres systèmes théoriques célèbres qui se sont vautrés en douleur, c’est que ce ne sont que des systèmes... théoriques. En pratique, les conditions idéales de leur complétude ne seront jamais réunies. Je reconnais l’efficacité de ce modèle, et mon métier de Consultant en stratégie qui me porte presque partout dans le monde m’y confronte chaque jour.
Mais peut importe. Là n’est pas le problème. Ce qui est inique, c’est d’oublier la portée finie d’une théorie économique. Ce qui est inique, c’est que l’on fasse d’un système théorique portant sur l’organisation de la production et des échanges le centre même de l’organisation humaine, de la gestion de l’animal social et de son rapport à la nature.
Ce qui constitue la grande erreur fondamentale et inacceptable, c’est de croire que l’homme est comme l’économie : une entité dont le dynamisme et l’existence même ne seraient régis que par des principes de concurrence. Quid de l’altruisme par exemple ?
Tout bon libéral bien myope finira par vous dire que ça n’existe pas dans la nature, et que l’homme aussi blabla...
Fort heureusement, les scientifiques et naturalistes nous démontrent chaque jour davantage que le règne de la vie est bien davantage qu’une danse perpétuelle de libre concurrence.
Reste à expliquer ça aux hommes politiques et aux « penseurs », économistes de tous poils qui continuent à vivre dans le mythe (chauchemard ?) d’un monde idéal d’un totale « libre concurrence » où tout fonctionnerait dans le plus pur respect des 5 conditions de Arrow. Là, c’est pas gagné...