Le capitalisme est un système d’exploitation du travail fondé sur la propriété privée des moyens de production en vue, de plus en plus dans le cadre de l’hyper-capitalisme financier transnational, du profit maximum pour les détenteurs du capital aux dépens des salariés ; cela n’est pas discutable , ni par les capitalistes qui s’emploient en permanence à faire baisser le coût du travail pour accroître le retour sur investissement (rentabilité) voir les délocalisations de productiosn ensuite réimportées chez nous,, ni par les salariés qui doivent en permanence lorsque les conditions ne leur sont plus favorables (ex : chomage) se battrent sans beaucoup de succès pour leurs salaires, leurs conditions de travail et leurs droits sociaux. La lutte de classe n’est donc pas un fantasme marxiste, comme l’expérience des conflits sociaux nous l’apprend tous les jours.
Mais le capitalisme est aussi lié à un système de distribution concurrentiel de marché qui oblige les entreprises à tenir compte de la demande solvable et donc à améliorer leurs produits et services et à baisser leurs prix pour accroître cette demande et surtout accroître leur part de marché vis-à-vis de leurs concurrents. En cela on peut dire que le capitalisme n’est pas par nature libéral et que spontanément une entreprise capitaliste tend à neutraliser ou à détourner la concurrence pour gagner une position de monopole qui lui permette de maximiser ses profits , mais il doit être forcé de l’être dès lors que la concurrence lui est imposée politiquement au nom du libéralisme du marché qui, en tant que tel, est donc favorable aux consommateurs (la concurrence fait baisser les prix et oblige à l’amélioration, voire à l’innovation des produits et des services) . Or chaque les membre d’une société, voire du monde dans le cadre de la mondialisation des marchés, est peu ou prou un consommateur potentiel. La concurrence est donc au service de la liberté de choix de ce dernier ; en cela elle est indissociable d’une économie qui laisse le choix aux acteurs (et en premier lieu les consommateurs) de l’économie de négocier les transactions selon leurs désirs et leurs moyens ; la concurrence relève donc d’une logique libérale économique globale ,mais aussi politique dès lors qu’elle exige la mise en place d’un droit de la concurrence pour faire pièce au risque monopoliste permanent qui relève de la logique de chaque entreprise.
Cependant cette tension entre monopolisme capitalisme spontané antilibéral que j’appelle « ultra-capitalisme sauvage » (et non pas ultra-libéralisme) et le libéralisme économique régulé socialement et politiquement dans le adre du marché concurrentiel ne règle pas pour autant la question de l’exploitation du travail salarié ; or nous savons que le libéralisme ne se limite pas à l’économie mais s’affirme d’abord comme une philosophie globale de la vie sociale qui accorde à tous les mêmes droits contre les puissants, l’état tout d’abord, mais aussi ceux qui dispose du pouvoir économique (la capital) ; la vraie question et la plus difficile est donc d’articuler le libéralisme politique et le libéralisme économique pour régulé le capitalisme de telle sorte que celui-ci n’impose pas la liberté des uns, les détenteurs des capitaux, minoritaires, , aux dépens de la liberté de la grande majorité des autres, les salariés, producteurs et consommateurs. Or cette égalité dans les droits (libertés fondamentales) des individus exige sur le plan social ce que l’on appelle une certaine « égalité des chances », donc la mise en place d’un service publique ou d’intérêt dit général qui garnatissent à tous les libertés fondamentales et les moyens, immatériels et matériels de les exercer, d’autant plus que nous sommes dans un système politique de démocratie universelle dans lequel tous ont le droit de voter pour définir les droits sociaux qui permettent la mise en oeuvre des libertés fondamentale et du principe de l’égalité des chances ; c’est dire que le capitalisme n’est pas à confondre avec le libéralisme économique et politique.
Donc le libéralisme du droit social et la démocratie politique sont les conditions régulatrices nécessaires pour que le capitalisme fonctionne au bout du compte au service du plus grand nombre, mais il est clair que dans le cadre d’une concurrence totalement ouverte et non faussée, la part des profit tendrait vers zéro, ce qui interdirait de nouveaux inverstissements et détournerait les investisseurs de la création de richesses économique potentiellement partageables pour ne plus se livrer qu’à des péculations financières à très court terme (bulle spéculative) prédatriice de l’économie réelle et incapable de satisfaire les désirs des consommateurs. Il faut donc, si l’on refuse l’économie administée par l’état, au nom de la séparation libérale entre les pouvoirs économique et politique qui ferait de ce dernier un pouvoir despotique sans limite (le pouvoir doit limiter le pouvoir dixit Montesquieu) décidant autoritairement de la vie des individus, non pas supprimer le profit, mais faire que la concurrence permettent de faire des profit susceptibles d’être réinvestis dans la production (ainsi la protection temporaire des innovations par des brevets) ; il est aussi indispensable que la demande solvable soit mieux répartie entre tous et donc que les samlariés obtiennent les moyens de consommer et de faire valoir d’autres valeurs indispensables à l’obtention de leurs droits en particulier dans le domaine de la santé et de l’éducation. Les droits sociaux sont donc indissociables de l’exigence libérale dès lors qu’elle s’affirme comme universelle (valant pour tous) et de l’égalité des chances qui lui est indissociable.
Dans ces conditions, les critiques de l’hyper-capitalisme financier (appelé à tort « ultra-libéralisme ») qui privilégie le profit privé à court terme aux dépens du développement économique socialement et écologiquement durable et équilibré sont tout à fait justifiées.
Mais lorsque on s’en prend au libéralisme et à l’économie de marché, on se trompe de cible : L’hyper-capitalisme est réellement anti-libéral :
- sur le plan politique : en méconnaissant les droits sociaux qui font partie des droits de l’homme et en instaurant le dictature du capital financier contre les intérêts de la majorité des populations
- sur le plan économique en neutralisant la concurrence à leur profit pour instaurer des monopoles de fait.
L’authentique libéralisme est contre tous les despotismes, y compris le despotisme monopoliste du capitalisme sauvage. La liberté n’est libérale que si elle est universelle . L’authentique libéralisme est régulé afin que le marché profite à tous (« économie sociale de marché »).
Confondre le libéralisme avec « la liberté du renard libre dans le poulailler libre » (Marx), c’est faire croire qu’une économie d’état de production et de distribution autoritaire serait la solution la plus juste, or nous savons d’expérience qu’un tel modèle, en effet anti-libéral (mais d’une autre manière que l’ultra-capitalisme monopoliste) et qui instaure un capitalisme monopoliste d’état sans marché libre est une catastrophe économique (gaspillage, pillage et détournement des ressources par une minorité disposant d’un pouvoir politique fusionné avec le pouvoir économique, incapacité à ajuster l’offre et la demande et à répondre aux désirs multiples et variables des consommateurs etc..) qui génère le totalitarisme politique pour contraindre la population à accepter l’économie planifiée et à se soumettre au pouvoir sans limite de ceux qui cumulent le pouvoir politique et le pouvoir économique. La critique de Hayek contre le capitalisme planifié d’état est à ce jour entièrement vérifiée par l’expérience historique mondiale.
Il n’ y a donc pas d’ alternative démocratique anti-libérale au despotisme capitaliste ; il n’y a qu’une alternative sociale-libérale ou sociale-démocrate, précisément libérale en cela que la liberté du marché est régulée au profit du plus grand nombre ; les dirigeants de la gauche, partout dans le Monde, sauf en France malheureusement, l’ont compris.