Suite (2)
Pour les vingt ans de
la commémoration de ce jour-là, Pompidou veut faire changer d’avis le
général de Gaulle qui ne souhaite toujours pas s’y rendre. Pour quelles
raisons ? Alain Peyrefitte les rapporte : "Vous voudriez que j’aille
commémorer leur débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde
occupation du pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Le Débarquement
du 6 juin a été l’affaire des Anglo-Saxons, d’où la France a été exclue.
Ils étaient bien décidés à s’installer en France comme en territoire
ennemi ! Comme ils venaient de le faire en Italie et comme ils
s’apprêtaient à le faire en Allemagne ! Ils avaient préparé leur AMGOT
qui devait gouverner souverainement la France à mesure de l’avance de
leurs armées. Ils avaient imprimé leur fausse monnaie, qui aurait eu
cours forcé. Ils se seraient conduits en pays conquis. C’est exactement
ce qui se serait passé si je n’avais pas imposé, oui imposé, mes
commissaires de la République, mes préfets, mes sous-préfets, mes
comités de libération ! Et vous voudriez que j’aille commémorer leur
débarquement, alors qu’il était le prélude à une seconde occupation du
pays ? Non, non, ne comptez pas sur moi ! Je veux bien que les choses se
passent gracieusement, mais ma place n’est pas là !" (Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Tome 2, pp.84-87)
C’est
en effet de Gaulle qui interdit aux Américains de s’installer sur le
territoire français. Car, contrairement à l’idée reçue que les
Américains aimaient tellement la liberté qu’ils sont venus nous aider
gracieusement, généreusement, bénévolement, idéalement, les Américains
sont entrés en guerre non par amour de la liberté, encore moins pour
sauver les Juifs des camps de la mort, ce dont ils avaient pourtant
connaissance mais dont ils se moquaient comme d’une guigne, mais parce
qu’Hitler leur a déclaré la guerre le 11 décembre 1941. Dès lors, il
valait mieux pour eux venir régler le problème en Europe et ne pas
attendre que le III° Reich dispose de la bombe atomique et des avions à
réaction auxquels son complexe militaro-industriel travaillait, car ce
matériel aurait permis au Reich de frapper les Etats-Unis sur leur sol.
Le Débarquement n’eut pas lieu par amour de la liberté, ainsi qu’il fut
dit par Macron & Trump comme larrons en foire, et relayés par Ruth
Elkrief avec gravité, mais parce que les Etats-Unis voulaient d’abord en
finir avec Hitler qui leur avait déclaré la guerre avant d’aller
ensuite jusqu’à Moscou afin d’en finir avec le régime soviétique. On
sait que les partisans d’un arrêt de la guerre avec la chute de Berlin
et le partage du monde qui s’en est suivi ensuite avec Yalta – dont la
France était exclue…- ont gagné. Le combat contre l’Empire bolchevique
s’est ensuite poursuivi sous forme de guerre froide, on connaît
l’histoire.
Mais qui, alors, initie la commémoration du 6 juin
1944, ce grand moment de l’histoire de France dans lequel les Etats-Unis
se proposent de vassaliser le pays ? Réponse : François Mitterrand…
Il
n’est pas étonnant que cet homme qui, avant guerre, fut proche de la
Cagoule - un mouvement d’extrême-droite - , qu’on vit le 1er février
1935 manifester sur une photo en compagnie de gens qui portent une
banderole « Contre l’invasion des métèques » - reproduite dans le cahier
photos de Pierre Péan, Une jeunesse française : François Mitterrand. 1934-1947 (Fayard) ;
qui reçut la francisque des mains même du Maréchal Pétain mi-1943 –
photo dans le même cahier…- , qui fut maréchaliste, vichyste, avant de
devenir giraudiste, autrement dit affilié à ce général qui était l’homme
de paille des américains ; puis qui fut résistant de la vingt-cinquième
heures après que la victoire soviétique de Stalingrad eut montré que la
guerre était finie – il n’est donc pas étonnant, dis-je, que cet homme
ait jubilé d’incarner la seule ligne à laquelle il fut fidèle dans sa
vie politique, à part l’amour de lui même : la haine du général de
Gaulle.
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