Toutes
choses paraissent si simples à celui qui ne connaît rien !
« Voici
mon secret : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour
les yeux », dit le Renard au Petit Prince.
« L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de
se souvenir.
« C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si
importante.
« C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de
se souvenir.
« Les
hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier.
Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es
responsable de ta rose.
«
Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir. » (A.
de Saint-Exupéry, Le Petit Prince)
« Le
symbole, dit Paule Amblard, est une fenêtre sur l’invisible... Cette
ouverture, cette élévation qui nous dépouille de tout attachement à la matière,
ce cœur qui s’ouvre, écoute et perçoit au-delà du sens naturaliste. Cette
acceptation de la mort et ce retour en enfance. Redevenir enfant ne signifie
pas infantile, au contraire, il s’agit de retrouver cette pureté, cette nudité,
cette spontanéité, cette confiance d’enfant. Une confiance aimé par le ciel...
»
La
même auteure écrit : « Il y a dans la vie une source intuitive qui nous
pousse au-delà de notre raison. On répond à ce que cette force nous dicte sans
trop se demander pourquoi. Ce n’est pas une réaction à un événement, pas une
pulsion, mais quelque chose de plus enfoui, une certitude des choses qui dure
une seconde mais qui transforme votre vie lorsqu’on la suit. » (Un
Pèlerinage intérieur, p.20)
La
connaissance ne peut être acquise que par une compréhension personnelle que
l’homme doit trouver seulement en lui-même. Aucun enseignement « conventionnel
» n’est capable de donner la connaissance réelle.
« Sans cette compréhension, dit René Guénon, aucun enseignement ne
peut aboutir à un résultat efficace, et l’enseignement qui n’éveille pas chez
celui qui le reçoit une résonance personnelle ne peut procurer aucune sorte de
connaissance. C’est pourquoi Platon dit que « tout ce que l’homme apprend est
déjà en lui ». Toutes les expériences, toutes les choses extérieures qui
l’entourent ne sont qu’une occasion pour l’aider à prendre conscience de ce
qu’il a en lui-même. Cet éveil est ce qu’il appelle anamnésis, ce qui signifie
« réminiscence ». Si cela est vrai pour toute connaissance, ce l’est d’autant
plus pour une connaissance plus élevée et plus profonde, et quand l’homme
avance vers cette connaissance, tous les moyens extérieurs et sensibles
deviennent de plus en plus insuffisants jusqu’à perdre finalement toute
utilité. S’ils peuvent aider à approcher la sagesse à quelque degré, ils sont
impuissants à l’acquérir réellement, quoiqu’une aide extérieure puisse être
utile au début, pour préparer l’homme à trouver en lui et par lui-même ce qu’il
ne peut trouver ailleurs et particulièrement ce qui est au-dessus du niveau de
la connaissance rationnelle. Il faut, pour y atteindre, réaliser certains états
qui vont toujours plus profondément dans l’être, vers le centre qui est
symbolisé par le cœur et où la conscience de l’homme doit être transférée pour
le rendre capable d’arriver à la connaissance réelle. Ces états qui étaient
réalisés dans les mystères antiques étaient des degrés dans la voie de cette
transposition du mental au cœur. » (Mélanges, p.p. 33-34).
« Ceux
qui se font initier, dit Aristote, apprennent moins quelque chose,
qu’ils ne font l’expérience de certaines émotions et ne sont plongés dans
un état d’esprit particulier. »