@Séraphin Lampion
Liberté et démocratie peuvent justifier des solutions
totalement opposées. La première notion suppose que chacun doit décider pour
lui-même, la seconde impose la loi de la majorité à la minorité. Les décisions « démocratiques »
ont autant de chances d’empiéter sur les libertés que de les protéger.
Les « libéraux » ne sont pas satisfaits par
l’évolution des sociétés démocratiques quand celle-ci se traduit par une augmentation de
l’emprise de l’état sur l’économie et le recours à une judiciarisation des
opinions personnelles.
Le fonctionnement d’un état « libéral » dans
laquelle le rôle de l’état serait réduit à ses fonctions régaliennes, comme
celui auquel aspirent les « libertariens », n’est pas forcément « démocratique ».
Les règles en seraient intangibles et fixées une fois pour toutes sans que la
population ait le moindre droit de regard sur elles. Cela s’appellerait l’ »ordre »,
et les forces de l’oredre seraient là pour maintenir la liberté d’entreprendre
et le marché libre. Les hommes d’état garants du fonctionnement libéral pourraient
exercer le pouvoir à leur profit ou au profit des plus libéraux parmi les
financiers libertaires ! Et au bout, aucune garantie que les personnes
exerçant le pouvoir défendraient effectivement le libéralisme, la seule chose
certaine étant qu’elles auraient réussi à y accéder dans une compétition
étrangère à tout débat contradictoire.
Un état constitué dans une perspective libérale aurait plus
de chance de porter atteinte aux libertés qu’un régime démocratique sans
garanties « libérales » institutionnalisées dans lequel la majorité
de la population pourrait remettre en cause certaines libertés.
La démocratie est en fait une procédure de sélection des
politiques publiques susceptible de s’éloigner de la « vérité »
libérale.
Heureusement, nous vivons dans un pays qui a su éviter l’une
et l’autre de ces dérives !