- Fin 2012, des climatologues209 ont compilé et comparé des simulations issues de vingt modèles et des satellites210, concluant que les changements de température de la troposphère et de la stratosphère sont bien réels et qu’ils sont clairement liés aux activités humaines211.
- Le 5e rapport du GIEC (publié en 2014)208 estime (page 5) « qu’il
est extrêmement probable que plus de la moitié de l’augmentation
observée de la température moyenne à la surface du globe entre 1951 et
2010 est due à l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre
d’origine anthropique et à d’autres forçages anthropiques conjugués », et avec un degré de confiance élevé
qu’en l’absence de mesures additionnelles prises, les scénarios de base
conduisent à une augmentation de la température moyenne globale en 2100
située entre 3,7 et 4,8 °C comparée aux valeurs pré-industrielles (intervalle basé sur une réponse moyenne du climat ; l’intervalle est de 2,5 à 7,8 °C si l’on inclut les incertitudes relatives à la réponse du climat). Le rôle du méthane (CH4) (produit par les ruminants, les rizières, les fuites d’exploitation du gaz naturel et le dégel du pergélisol) est réévalué à la hausse dans ce cinquième rapport : le méthane est estimé avoir un potentiel de réchauffement global
par unité de masse à 100 ans égal à 28 fois celui du dioxyde de
carbone. Sa contribution cumulée, compte tenu de sa concentration,
demeure cependant plus faible208.
Autres causes mineures du réchauffement climatique
D’autres causes anthropogéniques ont été pointées par la communauté
scientifique. Les effets de ces différents facteurs sont souvent moins
bien connus comme en témoigne le graphique composante du forçage radiatif.
- L’utilisation des terres a un effet sur l’albédo. Par exemple, les terres cultivées sont en général plus claires que les forêts212 et donc réfléchissent plus la lumière.
- Le trou de la couche d’ozone pourrait également avoir un effet important, mais qui reste encore très méconnu. En effet, l’ozone stratosphérique, en absorbant les rayons UV réchauffe la stratosphère ;
l’absence d’ozone conduit donc à un refroidissement de la stratosphère
qui conduirait selon certaines analyses à une augmentation de la hauteur
de la tropopause,
et à un décalage de toute la circulation atmosphérique (cellule de
Hadley, circulation d’humidité, circulation d’énergie) vers les pôles213. L’effet de ce changement de circulation est également discuté, mais il semblerait214,186 que le déplacement de la couverture nuageuse des storm tracks vers les pôles diminuerait l’albédo des latitudes moyennes et participerait donc au réchauffement climatique.
- La mauvaise gestion des forêts peut avoir des conséquences sur la quantité de carbone puisées par celles-ci. Plusieurs études215
montrent que l’efficacité du captage du carbone par les arbres dépend
fortement de leur santé. Par exemple, certains facteurs (pollution
atmosphérique, prolifération des parasites, vague de chaleur) peuvent
affecter durablement la productivité primaire brute des arbres,
c’est-à-dire la quantité de carbone captée. En 2003,
en raison de la vague de chaleur et par conséquent de la pollution
atmosphérique stagnante et de la prolifération des parasites des arbres,
la productivité primaire brute a diminué de 8 % en France et de 15 %
dans le nord de l’Italie. Ce déficit du puits de carbone aurait pu être
réduit grâce à une meilleure gestion des forêts (mélange des essences
d’arbre, espacement des arbres).