@nemo3637
La
raréfaction du travail est évidemment, sur le long terme, le
facteur dominant de l’évolution du système et c’est bien
pourquoi il tente de mettre en place de nouveaux modes de domination,
non fondés sur les rapports de production. Les
ébauches de « revenu universel » sont un essai dans ce
sens et doivent donc être combattues comme tel, actuellement, pour
les raisons que je vais tenter de résumer.
Le
concept de raréfaction du travail n’est pas nouveau, vu qu’il se
trouve précisément déjà expliqué par Marx dans les Grundrisse, à
propos de la robotisation inévitable, à terme, de l’industrie. Aujourd’hui,
cela concerne donc même les services, qui ne sont donc, comme vous
le soulignez, qu’une soupape très provisoire pour les besoins de
l’investissement productif. D’un
point de vue marxiste, c’est à dire matérialiste dialectique, il
faut donc en comprendre les aspects contradictoires. La
différence entre l’approche capitaliste et l’approche marxiste,
c’est la différence de finalité.
Pour
le capitaliste, le but reste l’accumulation de plus-value, et elle
se trouve optimisée si le travail productif est concentré sur un
nombre minimum de travailleurs, le coût social direct de l’entretien
de cette force de travail étant moindre. Donc il n’y aura pas de
partage du travail effectué par le capital, bien au contraire, et
donc même d’autant moins avec la crise. C’est ce que l’on voit
actuellement avec les « réformes » qui sont des reculs
sociaux sur ce plan.
Par
contre, d’un point de vue social marxiste, le but de la production
devrait être, au contraire, la satisfaction d’ensemble de tous les
besoins sociaux.
Dans
la mesure où c’est loin d’être le cas à l’heure actuelle, il
y a donc encore lieu de considérer la nécessité du développement
des forces productives dans certains domaines, qui correspondent à
ces besoins réels vitaux encore insatisfaits.
Il
y a donc ici une sorte de « contre-courant » qui
ralentira, en cas d’alternative anticapitaliste, la raréfaction du
travail.
D’une
manière générale, et même par la suite, c’est le volume global
de la force de travail nécessaire pour satisfaire les besoins sociaux
qui doit être prise en compte par la planification socialiste.
Ce
volume reste donc à partager entre tous les participants valides, en
âge de travailler, et selon leurs compétences et les possibilités
de formation.
C’est
donc logiquement pourquoi Marx pensait en termes de « libération
du travail », vu qu’à terme la raréfaction diminue
drastiquement la part de chaque intervenant, sans réduire son niveau
de vie, bien au contraire. C’est la part du temps personnel pour
chacun qui augmente.
Dans
les premiers essais de socialisme, c’est à dire essentiellement en
URSS, les forces productives avaient besoin d’un développement
intense et accéléré, en raison non seulement de leur arriération
initiale, mais surtout de leur destruction par les armées blanches
et étrangères intervenant dans la guerre civile, puis à nouveau,
en raison de l’échec de la NEP, et finalement, face à la menace
fasciste grandissante en Europe.
C’est
essentiellement l’histoire de la décennie d’avant-guerre, et il
n’y avait donc pas de « raréfaction du travail » ! De
même, dans la décennie de reconstruction, après la guerre.
Pour
autant, d’un point de vue marxiste, il n’y a pas de tabou
particulier, pas de raison de refuser d’étudier l’histoire du
développement économique de cette époque, tant du point de vue des
différents concepts économiques en présence que de leur mise en
œuvre. C’est
effectivement un sujet d’étude sur le blog TML, ainsi que les
mutations qui ont amené le déclin de l’URSS, fin des années 50,
puis sa « stagnation », sous Brejnev, et sa chute, sous
Gorbatchev. Est
ce que cela fait de TML un blog « stalinien » pour
autant ? Personnellement je pense que cela mène à un regard
critique sur le rôle des uns et des autres, sans préjugés.
Concernant
Trotsky, je constate simplement qu’il se trouve hors du champ
critique du marxisme par son approche des questions économiques, que
ce soient celles de l’URSS ou sur ses propositions pour le
mouvement ouvrier en Occident.
Concernant
Staline, même si son pouvoir réel est loin d’être conforme à la
légende qu’en fait l’Occident, on peut néanmoins difficilement
étudier sérieusement l’histoire de l’URSS sans en tenir compte
à tous points de vue, et y compris et d’abord, concernant son
action économique !!!
Dans
la mesure où j’apprécie aussi l’utilité des analyses de Lénine
concernant le développement de l’impérialisme sur la base du
capitalisme financier, plus que jamais d’actu, je ne vois aucune
raison, bien au contraire, de rejeter la dénomination de
« marxiste-léniniste », et c’est donc pourquoi le blog
s’appelle « Tribune Marxiste-Léniniste ».
Une
autre base théorique du blog est l’approche très critique que
Jdanov a fait de la politique des partis communistes français et
italiens, notamment en 1947. Jdanov est décédé en 1948 dans des
conditions non encore totalement élucidées. Cela reste un sujet
d’histoire passionnant, même et surtout pour les russes… Mais pas
plus qu’eux je ne prétend détenir la clef du mystère. En un sens
je suis donc également « Jdanoviste »… Est-ce que cela
fait de moi nécessairement un partisan fanatique de Staline ?
Précisément, il ne me semble pas, mais si le fait d’assumer
Jdanov doit faire de moi un « stalinien », je l’assume
dans cette mesure. De même, j’ai eu l’occasion de republier une
analyse de Dimitrov sur la période qui a suivi le traité
germano-soviétique de non-agression, et je l’assume aussi
pleinement, concernant sa courte période de validité, ce qui me
sépare aussi de l’historiographie officielle du PCF, du reste !
https://tribunemlreypa.wordpress.com/la-doctrine-jdanov-du-front-anti-imperialiste/
https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/10/24/de-brest-litovsk-a-dantzig-en-passant-par-rapallo/
Luniterre