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Commentaire de Séraphin Lampion

sur La Vendée de la mémoire par Jean-Clément Martin


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Séraphin Lampion Séraphin Lampion 28 novembre 2019 10:45

Il ne faut pas confondre les Chouans et les Vendéens.

Leurs objectifs les rapprochent (refus des nouvelles règles administratives et fiscales imposées après 1791, refus de partir aux frontières défendre la Révolution, et volonté de défendre la religion), mais leurs histoires (tactiques, alliances, et images) sont différentes.

« Les Vendéens » désignent tous les combattants du sud de la Loire. Cette dénomination leur a été appliquée par la Convention après la bataille du 19 mars 1793, quand la formule : "Guerre de la Vendée et des départements circonvoisins" a commencé à être employée.

« Les chouans » renvoient aux combattants du nord de la Loire, par référence au du surnom donné aux frères Cottereau et en particulier Jean, dit Jean Chouan qui dans la région de Mayenne, à la limite de l’Ille-et-Vilaine et de la Mayenne étaient des faux-Saulnier (fabriquant et vendeur de sel en fraude) célèbres et redoutés avant la Révolution. Jean Chouan, meurtrier et déserteur, se dans la clandestinité trouvait au moment de la Révolution. Il a rejoint Armand Tuffin de La Rouërie, conspirateur royalistes, en 1792, puis a conduit une guérilla dans la région de Granville jusqu’à sa mort en juillet 1794.

Pourtant, le mot chouan a été attribué à tous les Bretons qui, battus en 1793, sont entrés à nouveau en guerre en 1794 et ce, jusqu’en 1799, alors quel es Vendéens de 1793 avaient compsé de véritables armées, de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, et que les chouans, réprimés très violemment, dès 1793, n’ont jamais pu contrôler leur région, n’ont jamais pu se rendre maître des « patriotes » restés sur place. Villages chouans et bourgs bleusconstituaient un patchwork inimaginable aujourd’hui.

La guerre des Vendéens en 1793 a été une série de grands « chocs », celle des chouans une succession d’embuscades et de coups de main.

Les Vendéens ont pris des villes (Angers, Saumur, Fontenay) alors que les chouans n’ont fait que paralyser les communications.

Les Vendéens ont été organisés en armées catholiques et royales dès 1793. Des hiérarchies ont été mises en place avec des généralissimes successifs.

Les chouans sont restés un ensemble inorganisé de bandes indépendantes sous le contrôle d’un chef local.

Les Vendéens apparaissent comme des soldats dévoués à la cause catholique et royale, et sont disciplinés par rapport aux bandes de chouans qui mêlent les actions de droit commun aux attaques stratégiques.Les assassinats et les coups de main individuels ont donné aux Chouans une mauvaise image.

Mais en fait, ce sont les chouans qui, au 19ème siècle, ont inquiété les autorités de la monarchie restaurée.

La confusion entre Vendéens et Chouans a commencé vraiment après 1832, quand tout l’Ouest s’est soulevé jusqu’en Normandie contre un état centralisateur, et le mot chouan a commencé à devenir un titre de gloire localement, une infamie dans la capitale. Les notabilités royalistes de Vendée se disaient chouannes avec fierté. Et tout le monde s’est mis à employer « Chouan » pour « Vendéen ».

Dans l’opinion courante, la confusion est entretenue. Elle permet d’amalgamer en une seule image simpliste projet politique et banditisme. Toute forme de résistance au centralisme est présenté comme un refus d’accepter les règles d’un état moderne pour faire perdurer un système de clientélisme, d’obscurantisme et de racket.

Il est plus facile de continuer à employer un terme générique que de viser précisément un sens.

L’image du Vendéen faisait aussi sans doute un peu trop « paysan » et le chouan gardait sans doute une image plus « romantique ».

Voici en quelques mots les différences entre Chouans et Vendéens.

La république bourgeoise est capable de combattre ses ennemis partisans de la société aristocratique de l’ancien régime avec des armes idéologiques, comme elle est capable  le faire avec les partisans d’une plus grande justice sociale. La répression ne s’est jamais limitée aux flash-balls.


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