@ l’auteur
Cet article a le mérite d’une approche non-partisane, en rappelant les différents aspects dont celui de l’irréfutable balance démographique.
Le projet de réforme figurait dans le programme présidentiel, et Macron ayant recueilli 43% des inscrits au second tour et la majorité au parlement en 2017 a voulu s’en prévaloir pour la mettre en oeuvre.
Mais je suis d’accord avec votre remarque « dès lors, sans consultation préalable des citoyens par référendum sur le principe qu’il préconise... »
Vue l’importance de la réforme, il fallait effectivement s’assurer d’un accord explicite préalable des citoyens sur les principes. Surtout que certains aspects auraient pu recueillir une approbation majoritaire, en particulier les sondages montraient qu’une majorité des citoyens étaient en faveur d’une harmonisation (84%) et de la suppression des avantages spécifiques des « régimes spéciaux » (IFOP). Sur cette base, une concertation était possible : compter en points ou en « avoirs de cotisations trimestrialisées », timing de convergence des âges de départ, départ anticipé de 2 ans ou reconversion prioritaire des métiers pénibles, etc.
Dans son programme présidentiel, Macron s’était engagé à ne pas repousser l’âge de départ pour carrières pleines à 62 ans ; le fait d’avoir institué le concept d’âge pivot plus tardif a donc été inévitablement perçu comme un coup de canif dans les engagements, et fait perdre le peu de soutiens dont pouvait disposer le gouvernement. Une garantie sur le financement pour maintenir le pouvoir d’achat des retraités aurait également permis un certain consensus. Mais en voulant passer en force modulo des concessions catégorielles (tout comme pour les mesures GJ de décembre 2018), les gouvernants ont finalement sabordé les principes d’universalité et d’équité dont ils se prévalaient, avec un surcout important et sans convaincre quiconque.