Pour un projet durable, sans cinéma ni coup de théâtre,
le scénario avant le casting.
Votre histoire, c’est une blague ? Vous pensez que
nos concitoyens n’ont rien appris et n’ont pas plus de répondant que cela ?
D’accord nous nous sommes trompés plus souvent qu’à notre tour et nous avons
été abusés par naïveté, crédulité, distraction, manque de lucidité ou peur de nous
avouer une réalité tellement décevante et inquiétante dans laquelle nous avions
eu notre part en raison des qualificatifs que je viens de citer. Nous avons été
abusés aussi pour des raisons plus nobles comme la confiance en notre pays et le
respect de ses institutions malgré leurs
défauts et en ceux qui les dirigent autant que faire se peut, par souci de
cohérence. Nous avons tous quand la réalité est trop cruelle besoin de croire
aux apparences pour un moment au moins par
crainte de l’effondrement et à défaut d’entrevoir d’autres perspectives.
Nous avons été trompés par des médias omniprésents et
jamais aussi puissants et concentrés qui loin de nous apporter des clefs de
compréhension et de réflexion reflétant la diversité des points de vue et les
informations nécessaires nous disent ce qu’il faut savoir et comprendre en imposant les mots et le cadre de pensée de
leurs mécènes et patrons. Plus subtile, moins voyant et plus efficace que la
propagande de papa. Pas assez fort pourtant pour nous aveugler sur les partis
pris économiques et sociaux qui nous impactent directement ni sur le recul insidieux
de nos acquis démocratiques dans notre vie personnelle, collective et
professionnelle comme chacun peut en faire le constat.
Vous nous proposez de nous réfugier encore une fois dans
les bras d’un aéropage de secours que le
terme hétéroclite ne parvient pas à décrire pour nous rassurer, nous convoyer
le temps d’une nouvelle balade élective qui nous laissera au final échoués sur
le sable avec la gueule de bois quand d’autres feront la fête de nous avoir une
nouvelle fois si joliment entourloupés. Nous avons tous notre part d’ambiguïté et
d’incertitude mais avouez qu’ici certains sont des coureurs de fond.
Sans les fondations que sont un projet construit
collectivement, sa cohérence et les engagements pris sur des perspectives précises
et des garanties partagées aucune coalition ne rassemblera durablement. Le temps
des étendards et des olifants est fini. Ce projet sera difficile à élaborer car
il en existe déjà et il faudra faire des compromis et des choix mais ce n’est
pas le moment de reculer devant les difficultés si nous ne voulons pas avoir à
affronter par la suite des périls d’une autre portée et intensité. Autant en
être conscient. Il n’y aura bien entendu aucune véritable garantie de quoi que
ce soit en dehors d’une reviviscence des corps intermédiaires de la démocratie et d’une
vigilance et mobilisation de nous, concitoyens, dans tous les actes de notre
vie qui nous relient au collectif. Ce n’est ni facile ni difficile. C’est comme
quand le covid nous tombe sur la tête avec la situation que vous savez. Il n’y
a pas de sauveurs. Il faut faire face ou se résigner une fois pour toute.