Tiens, au fait, vous savez que la « Loi Jospin », a eu
trente et un ans le 10 Juillet ?
Blanquer n’a fait que finaliser le travail de sape initié à
ce moment-là.
L’élaboration de sa réforme se révèle peu consensuelle. Si
la priorité – en particulier financière – à l’éducation n’est pas remise en
cause par l’Élysée et Matignon, le coût croissant de la revalorisation suscite
l’inquiétude, d’autant que les contreparties de cet investissement paraissent
peu assurées. De son côté, Lionel Jospin critique ce qu’il considère être les
ingérences du Premier ministre dans les questions éducatives, particulièrement
visibles en décembre 1988. De même, l’abandon de l’accord négocié avec la
direction de la FEN attise la compétition entre syndicats enseignants
catégoriels pour arracher le maximum d’avantages, comme le souligne la
politiste Sylvie Aebischer, ce qui participe à la dérive du coût prévisionnel
de la réforme. Cependant, l’examen puis le vote de la loi au Parlement se
révèlent relativement apaisés.
Pour atteindre l’objectif fixé par Chevènement précédemment
de mener 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat, Jospin a baptisé « Bac »
ce qu’on appelait CAP ou BEP auparavant. Une autre astuce a consisté à adapter
le niveau aux élèves au lieu de demander aux élèves d’atteindre le niveau exigé
parallèlement à un renversement de la logique d’évaluation permettant aux
enseignats de valoriser le « mérite » plutôt que le « savoir ».
Résultat : l’année du départ de Lionel Jospin de la
tête du ministère en 1992, la moitié d’une classe d’âge obtenait le
baccalauréat pour la première fois de l’histoire nationale, et les chiffres de
cette année montrent que cette tendance n’a fait que se confirmer, ce qui
permet de masquer deux choses :
- la mise en panne de l’ascenseur social (qui permettait
aux enfants des classes sociales modestes d’obtenir un statut plus enviable que
celui de leurs parents) a été masquée par un écran de fumée
- atteindre l’objectif non avoué qui était de
transférer les qualifications reconnues à des établissements rivés coûteux en
transformant l’EN en garderie, ce qui pousse les parents lucides et/ou informés
à se serrer la ceinture (quand ils le peuvent) et orienter leurs rejetons vers
des formations qualifiantes bien cotées.
Cette situation n’est pas le fait de Choupinet, mais l’héritage
d’une politique dite « de gauche ».
La prochaine étape qui pourrait faire réaliser des économies
à l’EN sans pour autant grever le budget des ASSEDI puisque les intéressés
seront « demandeurs d’emploi » sans droits aux indemnités de chômage,
sera sans doute le retour de l’âge de fin d’études à 14 ans, BAC en poche et chômage
garanti. Les parents qui ne peuvent pas payer des études privées à leur
progéniture auront alorsà porter à bout de bras leurs gros bébés qui à 18 ans
(âge de la majorité), s’inscriront aux restos du cœur.