Le bac subit le sort qu’avait connu le certificat d’études.
L’école publique, gratuite, laïque et obligatoire avait pour mission d’alphabétiser massivement une population encore à majorité rurale et largement analphabète pour fournir aux industriels une main-d’oeuvre possédant les bases nécessaires à l’acquisition d’une qualification. On avait besoin d’ouvriers. Le bac était alors « réservé » aux futurs cadres majoritairement issus de familles citadines de commerçants, employés administratifs et fonctionnaires
Quand l’industrie a commencé à robotiser et délocaliser, le besoin des employeurs en main d’oeuvre a évolué. Les « certif » est devenu ringard, l’âge de « fin d’études » est passé de 14 à 16 ans, et le bac est devenu le sésame pour accéder aux formations de « techniciens », l’accès aux « grandes écoles » préparant aux qualifications supérieures (ingénieurs, hauts-fonctionnaires...) faisant l’objet d’un verrouillage supplémentaire : les concours.
La dévalorisation du bac décrite dans cet article est une nouvelle étape : transférer au privé les filières donnant accès aux postes-clés, qu’il s’agisse des qualifications requises ou des réseaux nécessaires à l’accès aux fromages), L’EN n’aura plus comme missions que l’initiation au maniement des tablettes et smartphones.
Ramener l’âge de fins d’études à 12 ans fera peu-être l’objet de la prochaine réforme.