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Commentaire de Octave Lebel

sur Aspirations et approfondissements démocratiques au XXI siècle, France, Union Européenne : pistes de réflexion, pistes de travail (2/2)


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Octave Lebel Octave Lebel 27 août 2020 18:01

@babelouest

Je pense que nous sommes d’accord sur un point qui est celui déjà signalé par Condorcet dans la citation.Un détour pourtant s’impose me semble-t-il.

 

L’objet de mes 3 derniers articles porte sur le danger que représente le néolibéralisme qui depuis un moment déjà prend progressivement possession de tous les leviers de commande et d’influence dans notre pays avec des gens plus ou moins habiles mais résolus et déterminés. La plus insidieuse des méthodes est de nous faire douter de nous et de nos capacités, de nous persuader de notre isolement, de nos divisions indépassables ou du fait que ce n’est pas le bon moment, que les conditions n’y sont pas etc. Le tour de force est de nous mettre sur la défensive à partir d’une position d’évaluateur de nos propositions fondées sur les critères imposés par nos adversaires. Cette posture est fragilisée maintenant parce que le bilan est mauvais et que nos adversaires pour se maintenir sont obligés de restreindre l’expression de la démocratie et que cela se voit. Ils ont de plus en plus de mal aussi à cacher leur mésentente.


Depuis toujours, il y a une manière d’afficher un radicalisme qui décourage toute initiative d’un côté et fait peur de l’autre et conforte les pouvoirs en place.

Ce ne sera jamais le bon moment si on attend les « bonnes conditions » sans faire bouger les lignes à notre avantage alors que nos adversaires les font bouger tous les jours avec des moyens extraordinaires sans jamais renoncer sur rien avec une patience infinie qui enjambe les mandats. C’est pour cela que j’évoque une coalition autour d’un projet. C’est un début, un levier. Ce n’est pas facile de se rassembler. Mais en face, vous savez bien qu’ils trouveront une équation.


Ce que je crains, c’est la perte progressive de repères et de réactivité de nos citoyens avec possibilité de non-retour par dissolution dans un système libéral autoritaire (c’est en réalité exactement le fonctionnement de l’UE actuellement qui ne demande que croître en puissance) et des communautés relativement autonomes qui feront contre des franchises et avantages la « police » pour le système ou quelque chose d’analogue. Il y a là de belles carrières à faire.

 Nous vivons une situation surréaliste. Depuis des années déjà nos concitoyens ont perdu confiance dans les médias ( 24% de confiance) qui réussissent pourtant à maintenir à flot un certain type de classe politique en se faisant passer pour des médiateurs, des informateurs ou des arbitres, rôles qu’ils tiennent en faisant croire qu’ils représentent la diversité des opinions, en donnant le change tout en imposant le cadre et le vocabulaire de tous les débats avec des inflexions vigoureuses aux moments décisifs. C’est une situation inédite qu’ils évoquent peu dans cette dimension, on comprend pourquoi. Ils arrivent à faire passer leurs audiences donc leur valeur marchande et celle de leurs vedettes auprès des publicitaires pour une adhésion. Petit résumé de la perversité du système. Soyons honnêtes, c’est une performance et nous avons affaire à des gens intelligents, inventifs et coriaces.


Le point important et incontournable, c’est l’existence d’une capacité citoyenne qui émerge et que les médias tentent d’endiguer et de contrôler au gré des actualités avec polarisation sur les événements et leur mise en scène, la prééminence de porte-paroles bien entraînés et le brouillage sur les causes et la réalité des acteurs. Par ailleurs, le moindre élu redoute l’accroissement de la compréhension, de la curiosité et du pouvoir de contrôle de ses concitoyens (soyons juste, la plupart). Le développement de cette capacité citoyenne est une étape déterminante à franchir. Mais, il faut d’abord ou en même temps se débarrasser de la nasse dans laquelle nous nous sommes laissés piégés.

 

J’ai regardé vos documents. Je suis d’accord avec vous sur le fait que la réflexion utopique est une réflexion puissante et féconde pour nous tous, qu’elle fait parie de la partition et qu’ elle doit être proposée comme d’autres démarches au processus de réflexion et de choix démocratiques .Cela nous rappelle que nos cadres de pensée sont en fait des héritages et que chaque génération fait fructifier un héritage en le dépassant à partir de sa propre expérience et réflexion.

J’ai apprécié le travail ingénieux fait à partir de la constitution de 1946 qui illustre à la fois qu’une organisation doit être pensée et construite et que des choix cruciaux et leurs conséquences doivent faire l’objet de réflexions partagées et d’arbitrage au final. Difficile d’aller plus loin dans le cadre d’un commentaire.

Bien à vous.

 

 


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