@Rakoto, qui nous a cassé les pieds avec Vincent Lambert. Qu’il aille voir l’agonie en direct d’Alain Cocq, qui est visible sur son site facebook. Un type courageux Alain, il filme son agonie dans l’espoir de faire évoluer les choses en matière de suicide assisté.
Lu sur 20-minutes :
Un Français de 57
ans atteint d’une maladie orpheline incurable a décidé de cesser tout
traitement et de diffuser sa fin de vie dès samedi en direct sur
Facebook, après que le président Emmanuel Macron lui eut signifié qu’il
ne pouvait pas l’aider à mourir. L’homme dénonce ainsi l’insuffisance de
la loi actuelle sur la fin de vie et réclamer le droit à mourir « dans
la dignité ».
« Partir en paix »
Le
militant de la mort a fait plusieurs tours d’Europe en fauteuil roulant
pour faire avancer sa cause, avait obtenu le 25 août une conférence
téléphonique avec une conseillère de l’Élysée pour en appeler à l’aide
du président. Il souhaitait simplement « partir en paix ».
« Parce
que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure
d’accéder à votre demande » : voici ce que le chef de l’État a répondu à
Alain Cocq dans une lettre datée de jeudi. « Votre souhait est de
solliciter une aide active à mourir qui n’est aujourd’hui pas permise
dans notre pays », souligne Macron, tout en lui apportant son « soutien
personnel » et son « profond respect ».
Après
ce refus, le malade a donc décidé de mettre à exécution sa décision de
se laisser mourir en cessant toute alimentation, hydratation et
traitement, sauf antidouleurs, dès ce vendredi « au coucher ».
État dégénératif et douloureux
La
loi Claeys-Léonetti sur la fin de vie, adoptée en France en 2016,
autorise la sédation profonde mais seulement pour les personnes dont le
pronostic vital est engagé « à court terme ».
Or
Alain Cocq, même s’il se dit « en phase finale depuis 34 ans » du fait
d’une maladie dégénérative très douloureuse, ne peut pas prouver que sa
fin de vie approche à très court terme.
Il
souffre d’une maladie extrêmement rare et incurable par laquelle les
parois de ses artères se collent, entraînant une ischémie (arrêt ou
insuffisance de la circulation du sang dans un tissu ou un organe).
« Mes
intestins se vident dans une poche. Ma vessie se vide dans une poche.
Je suis gavé comme une oie, avec un tuyau dans l’estomac. Si c’est pour
regarder le plafond comme un con à attendre que ça se passe, non »,
a-t-il déclaré.
« J’ai
décidé de dire stop », avait-il récemment expliqué depuis le lit
médicalisé de son domicile, qu’il ne quitte plus. « Petit à petit, tous
les organes vitaux vont être touchés. Toutes les deux-trois secondes,
des décharges électriques me lancent. Je suis au maximum de ma
morphine », avait-il ajouté.
Diffusion en direct
Afin
de « montrer aux Français ce qu’est l’agonie obligée par la loi
Leonetti », Alain Cocq diffusera sa fin de vie, dont il estime qu’elle
durera « quatre-cinq jours », dès samedi matin au réveil, « en direct sur
(sa) page Facebook ».
A
l’entrée de son modeste appartement du quartier défavorisé des
Grésilles, à Dijon, Alain a affiché son « attestation de refus de soin »
par laquelle il interdit toute réanimation une fois son heure venue.
« Alain
a déjà été réanimé neuf fois », explique Sophie Medjeberg,
vice-présidente d’une association de soutien. « Et à chaque fois avec une
nouvelle dégénérescence. Il n’a plus aucun espoir, il est enfermé dans
son corps », ajoute cette responsable qu’Alain a prise pour mandataire
afin que « le combat continue ».
Elle
espère que la mort en direct prévue par Alain provoquera un
« électrochoc » afin d’autoriser le suicide assisté comme en Belgique ou
en Suisse. « Il faut arrêter la politique de l’autruche. Huit Français
sur dix sont pour le suicide assisté », ajoute Sophie Medjeberg.
Le
cas d’Alain Cocq relance la controverse sur la fin de vie, à l’image de
l’affaire Vincent Lambert. Cet infirmier est décédé en juillet 2019
après onze années passées dans un état végétatif et une longue et
douloureuse bataille judiciaire, finalement tranchée en faveur de son
épouse et de ses médecins qui demandaient une sédation profonde, contre
l’avis des parents.