Très beau texte. Très finement observé et relaté. Merci.
« Il est vrai que
dans la France de 2020, l’opposition ne s’oppose plus à rien et la volonté
populaire s’est dissoute dans la grande soupe aux choux de la résignation
tranquille. »
Je vous trouve un peu désenchanté et il y a effectivement de
bonnes raisons. Je pense pourtant qu’il y a une volonté populaire au sens large
qui se cherche et je parlerais plus d’un bouillon qui mijote. Ce n’est pas pour
rien que 9 milliardaires ont fait une OPA sur les médias et l’information.
C’est fou comme ils arrivent à installer le cadre, le rythme et les éléments de
langage qui leur conviennent dans la diffusion de l’information y compris au
service public de l’information qui pour une part les suit et une autre les
valorise en tentant de s’en démarquer au lieu d’avoir sa propre ligne
éditoriale structurée (on peut rêver). Aux heures de grandes écoutes s’entend.En réalité, cette situation est vécue comme une fatalité sans un rejet actif de cette emprise.Ils auraient alors tort de se gêner.
Ces médias me semble-t-il s’adressent en permanence aux
consommateurs et aux électeurs en dissolvant petit à petit ce que nous sommes avant
tout concernant la chose publique, des citoyens et installant des débats et
oppositions entre électeurs bien souvent ectoplasmes modelés avec la spatule
des sondeurs, nous renvoyant aux figures tutélaires politiques en en faisant
les arbitres de nos vies, nous qui croyons être les arbitres des élections.
A part la persévérance et la nécessité de se rassembler sur
des priorités et non de discuter sans fin sur les personnes comme nous y invitent les médias, j’avoue que je
n’ai pas de clef magique. Autrement, ce qui ne s’arrête jamais, c’est chaque
jour par le vote continu de textes législatifs la diminution de nos marges de
manœuvre. Cette intensité est caractéristique des 3 derniers mandats.
Sommes-nous coincés entre des figures politiques qui nous sont imposées avant
tout comme des constructions médiatiques et la mise en scène de leurs avantages
et inconvénients ? Peut-être devrions-nous nous dire après tout que nous
avons les élus et les médias que nous méritons puisque tout cela se fait
avec nous.