Les complots existent, les exemples ne manquent pas.
Le complotisme qui voit des complots partout existe aussi :
" Mais revenons au complotisme. En réalité, cette vision d’une économie
qui serait dirigée par des comploteurs tout puissants est fausse et
dangereuse. Fausse parce qu’en réalité personne ne peut contrôler
l’ensemble de l’économie. Certes, d’un côté, les capitalistes
s’entendent entre eux pour défendre leurs intérêts face aux travailleurs
et aux populations. Mais, de l’autre côté, ils
se font aussi concurrence entre eux et cela affaiblit l’ensemble de leur
système. «
Le vrai complotisme est faux et dangereux, il ne permet pas de comprendre les causes réelles de la situation et de trouver les solutions efficaces :
» Fausse donc, cette vision du « capitalisme complot tout puissant » est
dangereuse. Car elle donne l’impression que l’Histoire est faite non par
la lutte entre les diverses classes et forces sociales dont chacune
défend ses intérêts mais par une poignée de gens tout-puissants. Et donc
cette vision décourage la résistance des victimes de ce système. Elle
donne l’impression que les travailleurs et citoyens n’ont aucune chance
de marquer des points. Or, toute l’histoire de la lutte ouvrière et
citoyenne montre qu’il est tout à fait possible de se défendre et
d’obtenir des progrès sociaux «
Le complotisme est une forme de défaitisme et au fond il fait le jeu des patrons et de l’exploitation.
Le complotisme sert à discréditer les vrais opposants et les lanceurs d’alerte : regardez ces ridicules complotistes qui croient que la Terre est plate, que des extra-terrestres complotent en secret pour dominer le monde : ils croient aussi que la CIA espionne au profit des entreprises US . . .
C’est l’existence des théories farfelues qui permet aux médias de faire un amalgame avec les vrais opposants : toute parole dissidente est assimilée à une théorie farfelue, une élucubration.
Le complotisme fait le jeu des pouvoirs corrompus.
» En fait, c’est très pratique. Vous n’avez pas d’arguments à opposer
aux faits avancés ? Alors, traitez simplement vos adversaires de
« complotistes », et le tour est joué : plus besoin d’argumenter sur les
faits, plus besoin de réfuter les preuves ! La « théorie du complot »,
c’est le truc de l’avocat qui sait que son dossier est pourri.
J’en ai eu personnellement la preuve quand j’ai débattu avec Henri
Guaino (auteur des discours de Sarkozy). J’exposais concrètement les
crimes de ses amis des multinationales françaises au Mali et au Niger.
N’ayant rien à répondre, tout ce qu’il a trouvé à sortir, c’est
« théorie du complot » !"
.
Il y a donc deux théories en présence :
— La théorie de la naïveté : nos dirigeants occidentaux travaillent pour le bien commun. Ils nous disent ce qu’ils font et ils font ce qu’ils disent.
—La théorie du complot : tout est manigancé dans
l’ombre, on nous cache tout, les maîtres du monde sont (au choix) : les
juifs, les banquiers, les francs-maçons, les Illuminati, etc.
" Ni l’une, ni l’autre, merci ! Nous revendiquons une troisième façon
d’expliquer le fonctionnement de la société, et elle n’a rien à voir
avec ces deux fantasmes. "
Un mouvement d’opposition ne doit donc pas commettre cette grosse connerie de tomber dans le complotisme, il doit toujours s’appuyer sur des preuves irréfutables.
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Citations tirées de l’excellent article de Michel Collon :
Complotiste, moi ?
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