Les Grecs ne parlaient pas de « démocratie
directe », mais de démocratie…
On est en démocratie si la population est
souveraine, c’est-à-dire décide des choses les plus importantes, et c’est le
référendum qui le permet, en premier lieu le référendum constitutionnel (comme
en Suisse où tout changement constitutionnel est soumis à référendum).
L’augmentation de la population fait qu’il y
a trop de décisions pour qu’elles soient toutes prises directement. Les
décisions secondaires peuvent être prises par des assemblées de citoyens tirés au
sort, des représentations statistiques de la société : la démocratie n’est
que secondairement indirecte. Des décisions encore plus secondaires,
exécutives, peuvent être prises par les ministres (par exemple élus sans candidatures
à un tour, lors des deux ou trois journées référendaires annuelles) et les
administrations.
Quant à l’accusation du peuple, qui n’auraient
que les élus qu’ils méritent, elle ne tient pas effectivement parce que ce sont
les partis qui les choisissent, mais aussi parce que ce sont les riches qui
financent les partis et les médias pour influencer, et plus profondément parce
que dans nos ploutocraties/non démocraties, les élus se sont instituées l’irresponsabilité,
c’est-à-dire la nullité du mandat impératif : donc il n’y a pas de lien
réel entre un programme et les électeurs.