@Pascal L
Alors
là, vous me comblez ! J’avais écrit sur la stratégie de
l’inversion, effectivement un des grands chevaux de bataille des
fabricants de récits impérialistes qui sévissent depuis des
années, mais je ne pensais pas que vous me fourniriez une
illustration à ce point de vue avec autant d’entrain ! Au passage,
ce que j’ai rappelé n’a rien à voir avec des discours de "cénacles
parisiens", où on a tendance au contraire à gober toute la
propagande occidentale et à porter aux nues les « témoignages »
de réfugiés anti-Assad, comme vos connaissances. Il s’agit bien de
rendre compte de rétablissements de la vérité et de mises au point
faites par des enquêteurs sur place, de tous bords politiques et
idéologiques (à l’inverse des mercenaires de l’information aux
ordres de leurs lobbies belliqueux).
En
fait, vous menez votre « enquête » en prenant les choses à
l’envers. Le problème, c’est qu’il faut toujours prendre les choses
par ordre de vraisemblance. Or, il se trouve que votre scénario,
ainsi que les affirmations des Syriens sur lesquelles il se base, ont
une plausibilité simplement inexistante ; elles sont en soi
contradictoires. Vos réfugiés ne sont pas du tout des gens
impartiaux, ils sont contre le gouvernement syrien depuis le début,
et pour cette raison ils préfèrent croire contre toute
vraisemblance que les tireurs qui ont fait feu sur les rassemblements
étaient à sa solde, parce que ça les arrange. Ce sont ainsi eux
qui réarrangent le réel à leur guise, et par ricochet, vous qui
avez imprudemment choisi de les croire. Probablement par emprise
idéologique, si on lit certains de vos commentaires. C’est là que
l’on retrouve la posture d’inversion dont je parlais. Vous vous
retrouvez donc simplement en position de dissonance cognitive. De
toutes façons, si on veut se fier à l’argument des "déclarations
de syriens", l’immense majorité de leurs compatriotes, eux aussi
confrontés à la réalité de la guerre et des affrontements,
considère les dires de ces déserteurs comme de mauvais (et
dangereux) racontards.
Au
sujet des rivalités entre djihadistes, si la division entre
pro-séoudiens et pro-Frères Musulmans est réelle, elle n’a pas eu
beaucoup d’importance dans la guerre contre la Syrie, car ces deux
branches se sont rangées contre le gouvernement syrien, et cela
depuis le début. Rappelons qu’Al Qaîda a été principalement
dirigée par le prince séoudien Bandar Ben Sultan, surnommé Bandar
Ben Bush en raison de ses liens privilégiés avec la famille Bush,
notamment les deux présidents George père et fils. À côté de ça,
il y a eu et il y a toujours en Syrie des groupes islamistes non
djihadistes, c’est-à-dire intéressés par l’application souvent
très stricte de la charia dans leur pays, mais non par le combat
religieux à l’échelle de la planète. Ce qui ne les empêchait pas
de se montrer aussi cruels, beaucoup de membres passant d’ailleurs de
l’un à l’autre. Depuis, même les groupes héritiers d’Al Qaïda au
Levant ont annoncé avoir renoncé au combat globaliste, et s’être
recentrés sur la charia locale (à l’exception notable de Daech). Il
sont désormais rangés aux côtés de l’armée turque, impliquée
dans la prolongation de l’agression contre la Syrie (avec des ratés
en raison de son fort antagonisme avec les Kurdes du YPG/PKK, qui
l’oppose à certains de ses collègues agresseurs).
@Atilla
Merci
de me rappeller le cas ukrainien, amplement démontré. Je savais
qu’il y avait un autre exemple, et je me désespérais, car je
m’arrivais pas à remettre la main dessus !