On connaissait le variant anglais.
On connaissait le variant sud-africain.
On connaissait le variant brésilien.
On connaissait le variant « Colombus »,
détecté dans l’Ohio.
Voici maintenant le variant
californien, qui est en train de ravager toute la Californie.
Covid-19. « Nous sommes pris de
court » : le variant californien inquiète les États-Unis.
Apparue fin 2020, une nouvelle souche
du virus SARS-CoV-2 progresse à toute vitesse en Californie et
inquiète les chercheurs par sa capacité à faire naître de
nouvelles mutations du coronavirus.
Les espoirs de sortie de crise
sanitaire, nés au début de l’année après la mise en place d’une
vaste campagne de vaccination, s’amenuisent chaque jour un peu plus
aux États-Unis.
Le Covid-19 poursuit ses ravages au
sein de la population américain. La situation est particulièrement
alarmante en Californie, où le seul comté de Los Angeles enregistre
plus d’un million de personnes contaminées et près de 15 000
décès (36 500 dans toute la Californie, pour 40 millions
d’habitants).
Dans le nord de l’État, plusieurs
clusters ont également fait leur apparition dans la ville de San
Jose et le comté de Santa Clara, notamment au sein de maisons de
retraite, hôpitaux et prisons. « Nous sommes pris de court
par cette forte poussée du virus », déplore le Dr Erica Pan,
directrice du service d’épidémiologie au sein du Département de
la Santé Publique de Californie.
« Nombre de personnes ont repris
leurs déplacements et voyages dans le pays, et ont eu des
comportements à risque en fin d’année, du fait des fêtes de
Thanksgiving et Noël, mais aussi de l’élection présidentielle.
Nous le payons au prix fort ».
Un relâchement de la vigilance auquel
s’est ajouté un raté dans la vaccination, après les doutes sur
l’efficacité, mais aussi la dangerosité du traitement proposé
par Moderna. « Nous avons été contraints de faire une pause,
afin d’évaluer le vaccin. Nous avons conclu à son efficacité,
mais nous avons perdu du temps. En outre, nous manquons de vaccins.
Le virus va plus vite que nous et se multiplie, tel Alien ».
Au rythme actuel, la vaccination des
plus de 65 ans et des professionnels de santé ne sera pas
complétée avant la fin du mois de juin. Une lenteur que l’État
ne peut pas se permettre, du fait de l’apparition d’une nouvelle
souche de Covid-19, désignée le 17 janvier sous le nom de
CAL.20C.
Différente de celles apparues en
Grande-Bretagne (connue sous le nom de B.1.1.7), Afrique du Sud,
Brésil ou Japon, cette souche a été trouvée dans plus de la
moitié des cas à Los Angeles et semble être à l’origine de
l’accélération des contaminations dans le sud de la Californie,
selon une nouvelle étude réalisée par les chercheurs du centre
médical Cedars-Sinai.
« La récente flambée des cas
positifs au COVID-19 dans le sud de la Californie coïncide avec
l’émergence de CAL.20C », affirme Eric Vail, professeur adjoint
de pathologie et directeur de pathologie moléculaire au Département
de pathologie et de médecine de laboratoire, à Cedars-Sinai. « Les
résultats de Cedars-Sinai n’ont pas indiqué si la souche était
plus mortelle que les formes actuelles du coronavirus ».
Alors que la souche CAL.20C était
presque inexistante en octobre, 36,4 % des échantillons de virus
provenant de patients de cet hôpital au cœur de Los Angeles ont été
trouvés porteurs de la souche en décembre, mais aussi 24 % de
tous les échantillons du sud de la Californie (comtés de Kern, Los
Angeles, Orange, Riverside, San Bernardino, San Diego, San Luis
Obispo, Santa Barbara et Ventura).
« Notre but était de chercher des
personnes porteuses du variant britannique. Nous n’en avons trouvé
que quelques-unes, ce qui signifie que nous ne sommes pas trop
exposés aux souches venant des autres pays. Mais à notre grande
surprise, nous nous sommes aperçus que la Californie avait produit
son propre variant ».
Plus inquiétant, les chercheurs
pensent que la souche CAL.20C pourrait être apparue au mois de
juillet, mais être restée en sommeil jusqu’à fin novembre, avant
de se propager à toute vitesse. « Ce qui signifie que d’autres
variants peuvent également être prêts à exploser. Nous avons
d’ailleurs pu déterminer que la souche californienne avait produit
cinq sous-variants. Cette capacité à générer ses
propres mutations est très alarmante : le virus progresse avec
trois ou quatre coups d’avance sur nos recherches ».
L’une de ces mutations, nommée L452R
est extrêmement active et s’est déjà propagée dans le pays.
Quant à CAL.20C, des patients en ont été trouvés porteurs de
l’autre côté des États-Unis, en Arizona, Connecticut, Maryland,
New Mexico, Nevada, New York, Texas, Utah, Washington, District of
Columbia, Caroline du Nord et Wyoming, mais aussi à l’étranger,
notamment en Océanie.
« Nous ne sommes pas certains de ce
que l’apparition de cette souche et de ces mutations signifie en
termes d’infectivité et de résistance aux anticorps »,
explique Wenjuan Zhang, coauteur de l’étude et professeur adjoint
au Département de pathologie et de médecine au sein du laboratoire,
à Cedars-Sinai.
« Mais il semble sûr que ce variant
est plus agressif et plus contagieux ; même pour les enfants,
lesquels connaissent de sévères troubles respiratoires. À regarder
les chiffres de l’augmentation des décès, il est aussi permis de
penser qu’il est plus mortel. Cela demande une étude de suivi sur
le plus long terme. Mais le temps presse ».
https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/covid-19-le-variant-californien-seme-la-panique-aux-etats-unis-et-se-multiplie-7127867