Aux lecteurs, que je remercie de leurs visites, lectures et commentaires, toujours les bienvenus.
Lu sur Slate (extrait) :https://www.slate.fr/politique/2022-la-fabrique-dune-election/episode-3-macron-pari-gestion-crise-covid-19-campagne-presidentielle-risques
"La crise sanitaire a mis à nu les effets catastrophiques d’une
politique sanitaire à courte vue. Enchaînant les problèmes
d’approvisionnement non résolus, les ruptures de stocks de masques et de
vaccins, les lacunes de la logistique, la pénurie des lits de
réanimation, le gouvernement apparaît débordé, courant au plus pressé,
multipliant les injonctions contradictoires.
Soumis à la dictature du futur proche qui règne sur les marchés financiers, « les gouvernements nationaux, écrit Michel Feher,
jugent désormais qu’une politique responsable n’a pas pour fin
d’assurer le bien-être de la population... mais de conforter la
confiance des marchés obligataires dans leur dette publique. » Même
si l’épidémie les a contraints à lâcher du lest sur la dépense publique,
elle n’en a pas moins démontré les conséquences désastreuses de la
politique menée depuis trente ans...
Depuis le début de
l’épidémie, Emmanuel Macron a slalomé entre le comportement erratique du
virus et la volatilité de l’opinion. Jonglant avec les données
épidémiologiques, les sondages d’opinion, les places en réanimation, il a
pris son risque conformément aux nouvelles lois de la gouvernance,
c’est-à-dire en appliquant la logique des marchés financiers à la vie
politique.
Son pari n’est pas une erreur passagère, c’est le
mantra de sa politique qui consiste à focaliser l’attention des
gouvernés sur l’anticipation du coup d’après au mépris de l’expérience
acquise et de la prise en compte du possible.
Le macronisme, un pari qui fait son chemin ?«
Non.
Un pari déjà perdu.
Voici pour quelles raisons :
La prise en charge sanitaire de la population, tardive, mal organisée, mal comprise, parasitée par la volonté imbécile de »maîtriser les foules« et de faire »régner l’ordre", est un échec.
Il lui aura manqué quatre choses :
-Comprendre qu’il est plus intelligent de susciter et obtenir l’adhésion de la population (compatriotes et citoyens) à des mesures claires plutôt que d’imposer des ordres contradictoires, ineptes et contraignants.
-Comprendre que lorsque l’on parle de guerre il est impératif de montrer que l’on est capable de la faire, de la mener et de la gagner en expliquant très précisément ce que l’on peut ou que l’on ne peut pas faire, de telle sorte que la chaîne de commandement toute entière (du CME au simple soldat) comprenne ce qu’elle doit faire en ayant une parfaite confiance et une parfaite conscience de la nature et de l’exécution des missions et ordres qu’elle reçoit, relaie et exécute.
-Comprendre que l’on ne peut mener politique sanitaire et politique politicienne, en ce sens que la santé publique et la prise en charge sanitaire de toute une population ne sauraient servir d’aubaine, de prétexte et d’outils aux fins d’une campagne électorale.
-Comprendre que la fiabilité, la qualité des armes , munitions, matériels, la logistique de fabrication et d’approvisionnement, les capacités, les compétences, l’entraînement et l’interopérabilité de leurs servants constituent une donnée fondamentale en ce sens que comme pour mener et gagner une guerre il faut de l’armement et des stratégies intelligentes, souples et adaptables aux changements de paramètres, il en va de même pour une thérapie à l’échelle nationale, avec des vaccins fiables, qui soignent et ne tuent pas, disponibles et acceptés par toute une population.
Ces éléments se résument en une condition unique, fondamentale, sine qua non : la Confiance.
Les dirigeants de la France, les autorités publiques, l’Exécutif, le Chef de l’état et le Premier ministre ne suscitent pas la confiance.
Bien au contraire.
Renaud Bouchard
01 avril 2021