@Opposition contrôlée
Gamelin résistant ?
Koenig, Bernard Saint-Hillier et leurs hommes, oui, indiscutablement.
https://www.ecpad.fr/actualites/la-bataille-de-bir-hakeim/
Quant aux autres...Voyez cet article qui suit, assez bien enlevé...Tout y est.
LA DÉBÂCLE DE 1940 VU PAR DEFENSE.GOUV.FR
Par BERTRAND LE GENDRE(Le Monde)
Publié le 09 janvier 2010 à 10h32 - Mis à jour le 09 janvier 2010 à 10h32
"L’anniversaire
de la débâcle de 1940 - une défaite militaire, un effondrement moral
aussi - approche. Comment la République va-t-elle marquer ce
soixante-dixième anniversaire ? Pour l’instant, peu d’indices. On
imagine que Nicolas Sarkozy et son mentor, lorsqu’il touche à
l’histoire, Henri Guaino, célébreront comme il faut l’appel du 18 juin.
Quant à la déroute elle-même... A l’heure qu’il est, seul le ministère
de la défense a pris les devants, sur son site, avec un souci de
sobriété qui confine à la cécité (
www.defense.gouv.fr/1939_1945).
L’institution
rechigne, c’est tangible, à expliquer la défaite. Gamelin, Weygand,
Pétain, dix-sept étoiles à eux trois ; de Gaulle deux seulement, et
encore à titre provisoire. La Rue Saint-Dominique hésite à accabler les
premiers. Leurs mérites en 14-18 furent si éclatants...
Sur
leurs exploits de l’époque, le site du ministère de la défense en
rajoute même. Mais pour démêler le pourquoi du comment de leur
abdication en 1940... Indice de cet embarras : la notice consacrée au
général Maurice Gamelin, le généralissime français lorsque la guerre
commence. Certes, ses conceptions militaires sont « dépassées ». Bien sûr, "il
refuse d’employer massivement l’armée blindée et l’aviation, lui
préférant une stratégie défensive appuyée sur la ligne Maginot« . En plus, il montre une »tendance « - euphémisme - à »la délégation du commandement sur le front« . C’est beaucoup, mais par souci d’équilibre sans doute, Gamelin est présenté comme l’un des »penseurs militaires de son temps".
Pas
un mot sur le syndicat des généraux bleu horizon qui, dans les années
1920, bloqua l’avancement des plus jeunes pour rester en place,
arc-boutés à des conceptions tactiques et stratégiques datant de la
guerre d’avant. En juin 1940, quand tout est accompli, Gamelin a 67 ans,
Weygand, qui lui succède en mai à la tête de l’armée française, 73, et
Pétain 85.
Pas question,
pour defense.gouv.fr, de rappeler qu’en 1935 encore, Maxime Weygand
préconisait, lors d’une réunion du Conseil supérieur de la guerre,
l’achat de chevaux de selle. Pas question non plus d’indiquer que le
bras droit de Foch en 1918 fut l’un des inspirateurs du régime de Vichy,
auteur, le 28 juin 1940, d’une note où était écrit : "L’ancien
ordre des choses, c’est-à-dire un régime politique de compromissions
maçonniques, capitalistes et internationales, nous a conduits où nous
sommes. La France n’en veut plus.«
La notice sur Pétain est plus déséquilibrée encore. Sept mille signes pour évoquer la carrière de la »véritable légende vivante" de 14-18. Quatre mille pour rappeler Vichy, la collaboration et les lois antijuives.
Le
responsable du site, Joseph Zimet, adjoint au directeur de la mémoire -
si, c’est son titre - le reconnaît : le rôle de ce portail est de « donner une bonne image de la défense ». Raté. Plutôt relire, sur la débâcle de 1940, les bons auteurs : de Gaulle (Mémoires de guerre) ou Marc Bloch (L’Etrange Défaite), que cite souvent Nicolas Sarkozy, à l’instigation de son conseiller spécial Henri Guaino.
Charles de Gaulle : Weygand, "emporté
par un courant qu’il renonçait à maîtriser, allait chercher l’issue à
sa portée, savoir : la capitulation. Mais comme il n’entendait pas en
assumer la responsabilité, son action consisterait à y entraîner le
pouvoir. Il y trouva le concours du Maréchal qui (...) exigeait la même
solution« .
Marc Bloch, historien et résistant, fusillé en 1944 par les Allemands : »A qui la faute (de la défaite)
? Au régime parlementaire, à la troupe, aux Anglais, à la cinquième
colonne, répondent nos généraux. A tout le monde, en somme, sauf à eux."
Soyons
indulgents, il est encore temps pour le site du ministère de la défense
de se ressaisir, d’ici juin. En janvier, on célèbre toujours
l’anniversaire de la « drôle de guerre », quand vaincre les panzers de
Hitler paraissait à la portée des chevaux de selle du haut état-major."
Renaud Bouchard