https://www.euractiv.fr/section/royaume-uni-en-europe/news/leave-campaign-broke-law-in-brexit-vote-uk-elections-regulator-finds/
Le texte :
La campagne « Vote Leave » s’est vu imposer une amende pour avoir
contourné les limites de dépenses prévues par la loi électorale, sans
que cela ne remette en cause le Brexit.
Dans un rapport
publié le 17 juillet, la commission électorale a révélé que « Vote
Leave » et deux autres groupes de campagne étaient coupables
d’infractions à la loi électorale.
Le référendum, lors duquel les citoyens britanniques ont choisi de
quitter l’Union européenne lors d’un vote très serré avec 52 % pour et
48 % contre, a été marqué par l’une des pires campagnes politiques de
l’histoire contemporaine.
Plafonds de dépenses
L’enquête a été lancée après que plusieurs lanceurs d’alerte ont
accusé le groupe « Vote Leave » d’avoir utilisé des organisations
intermédiaires pour contourner les limites de dépenses imposées par la
loi.
Les accusations portent surtout sur des dons totalisant plus de
675 000 £ [760 000 €] qui ont été transférées du groupe de campagne
« Vote Leave » à un autre groupe de jeunes pro-Brexit appelé « BeLeave
», dirigé par Darren Grimes, étudiant en mode, alors âgé de 22 ans.
La commission s’est déclarée « convaincue au-delà de tout doute
raisonnable que toutes les dépenses de campagne liées au référendum de
Darren Grimes et de BeLeave ont été engagées dans le cadre d’un plan
commun avec Vote Leave ».
Darren Grimes a été condamné à une amende de 20 000 £, tandis que
Vote Leave a été condamné à une amende totale de 61 000 £. Compagnon de
campagne, Veterans for Britain, s’en est tiré avec une amende de 250 £.
Les affaires ont également été transmises à la police et pourraient
donner lieu à des poursuites.
Après le lancement de l’enquête en novembre 2017, la Commission
électorale s’est concentrée sur cinq paiements faits à la firme
canadienne d’analyse de données Aggregate IQ, une filiale de Cambridge
Analytica, pour diffuser des publicités sur les médias sociaux dans les
dernières semaines de la campagne.
Elle a conclu qu’en acheminant artificiellement l’argent via BeLeave,
Vote Leave avait réussi à éviter de dépasser sa limite de dépenses de 7
millions de livres sterling.
Dans son rapport, la Commission a déclaré que les responsables de
Vote Leave avaient refusé à maintes reprises des demandes d’entretiens,
qu’ils n’avaient pas respecté les délais de présentation des documents
et qu’ils avaient soumis les mauvais documents.
Groupes intermédiaires
« C’est un fait : Vote Leave ne s’est pas conformé à notre avis d’enquête », ajoute-t-elle.
Vote Leave a nié tout acte répréhensible tout au long de la procédure
et prétend que la Commission électorale a refusé de rencontrer ses
représentants au cours de l’enquête.
En janvier dernier, ses avocats ont menacé de faire appel devant la
justice, mais il n’y a jamais eu de suite. Les pro-Brexit affirment que
la campagne pro-UE « Britain Stronger In Europe » a également utilisé
des groupes intermédiaires pour contourner les limites de dépenses.
Mené par Boris Johnson, qui a démissionné de son poste de ministre
des Affaires étrangères la semaine dernière, et le ministre Michael
Gove, et dirigé par les conservateurs Matthew Elliott et Dominic
Cummings, Vote Leave était le groupe de campagne officiel pour la sortie
du Royaume-Uni de l’UE.