@Pierre
Concernant le
film, actuellement, cela semble fonctionner…
Il en existe, de toutes façons, diverses copies accessibles
sur le net. En mettant : « брестская крепость
фильм » dans le moteur de recherche,
vous aurez le choix… Il y a même une version « française » ( https://youtu.be/QeMUHLtzisE ) en
termes de doublage des voies, assez bonne, sur ce plan, mais mauvaise, question
qualité de l’image. A synchroniser, éventuellement, avec une VO, en coupant le
son de celle-ci...
Concernant le « double jeu » éventuel de
Loukachenko, je pense que c’est tout simplement une stratégie logique de
défense des intérêts économiques de son pays, et partant, de son indépendance.
Si la Russie a fait quelques cadeaux au Bélarus sur le
pétrole, c’est moins le cas avec le gaz, ce qui a posé de gros problèmes en termes
de coût de la vie pour la population.
Concernant les échanges commerciaux, la situation est
complexe, et le principe de « place de transit » plus ou moins licite
entre l’Est et l’Ouest peut fonctionner dans les deux sens… Du reste, il est
clair qu’une partie importante de la bourgeoisie oligarchique russe, qui a
soutenu l’opposition contre Loukachenko, au moment des élections, espérait
faire du Bélarus une « porte de sortie vers l’Ouest » pour ses propres
affaires…
C’est bien plutôt, en réalité, ce qui a réellement failli
lui coûter son siège… Mais il est également clair que Poutine était tiraillé
par la pression de ce groupe important, qui risquait de par le fait de saper également
son pouvoir et l’indépendance de la Russie. Cette situation a atteint son
paroxysme avec l’affaire « Wagner », en réalité manipulée par l’Ukraine,
et il s’en est donc fallu d’un cheveu pour que le cours de l’histoire ne
bascule à nouveau, style 1989-91 !
Même si indirectement, la « solution » de cette
affaire a donc permis de prendre conscience du danger, du côté russe comme du côté
biélorusse, et de réamorcer la solidarité des deux pays face à l’Ouest.
Dans le « rapprochement » provisoire de
Loukachenko vers l’Ouest, il faut aussi tenir compte qu’il a longtemps été en
mesure de jouer un rôle diplomatique important, (accords de Minsk) ce qui convenait
à toutes les parties, mais impliquait donc une certaine « neutralité »
de la part du Bélarus, ce qui en faisait donc un partenaire autorisé de toutes les
parties, et pourquoi pas, sur le plan économique, également. Il y a même eu,
semble-t-il, une ébauche d’accord d’échanges économiques avec l’Ukraine. Au
passage, il est utile de rappeler que la Russie, malgré la crise, reste le
principal partenaire économique de l’Ukraine.
Mais concrètement, les ukrainiens, comme les occidentaux,
n’avaient donc aucune intention réellement bienveillante à l’égard du régime de
Loukachenko, et c’est bien ce qu’il a fini par comprendre ! Il n’était
tout au plus, pour eux, qu’un pion diplomatique des plus provisoires, et à éliminer
à la première occasion !
Mais en réalité, le Bélarus moderne est quasiment son « bébé »,
qui est, en quelque sorte, en train de devenir adulte, et il n’a pas envie de le
voir sombrer. Ce n’est donc pas une simple histoire de pouvoir personnel, même
si l’on peut comprendre qu’il s’identifie à l’histoire de son pays, à la
manière de De Gaulle, mais avec encore bien plus de justification, à mon avis.
Un De Gaulle qui ne lâche rien, et d’autant moins que sa victoire électorale,
même si ambigüe, vu les circonstances, n’est en fait probablement pas usurpée,
si l’on tien compte de l’ensemble du pays, et pas seulement de Minsk.
Rappelons nous que Mélenchon, il y a quelques années,
déplaçait des foules considérables, dans la rue, sans parvenir à s’imposer,
pour autant, dans le urnes.
Il n’y a donc pas d’incompatibilité entre la réalité de
la mobilisation massive, mais provisoire, de l’opposition, au Bélarus, et son
échec électoral.
Actuellement, elle semble même être en train de forger le
prochain…
Luniterre