Très beau texte âpre et exigeant qui va déranger
beaucoup de monde. Qui respire la confiance modeste de celle qui se nourrit de la
résistance ordinaire de vouloir maîtriser autant que faire se peut la vie qu’elle
a construite en faisant sa part comme nous tous quand nous le pouvons. Comme un
luxe qu’on risque de perdre par inattention, indifférence et inconscience.
Je m’y retrouve parce que je pense qu’avoir le sens du
collectif tout en refusant d’en rabattre et de se ranger sur des évidences si
facilement partagées (du moins c’est ce que l’on nous fait apparaître), c’est
le cœur de la vie auquel nous ne devons jamais renoncer. Il faut du temps pour
se comprendre et s’accorder que s’empressent de nous enlever ceux qui ont
choisi de nous dominer en occupant autant que faire se peut nos gestes et nos
pensées. Il semble qu’ils gagnent du terrain ces temps-ci par la maîtrise des
sciences et des technologies que l’intelligence collective a produite dont ils
se réservent le pilotage et le choix des usages. Prenons garde à leur apparente
bienveillance et consensuelle bonne volonté car ils ont toujours une longueur d’avance
sur notre absence de malice.
Il y a une certaine urgence à se réveiller et à
retrouver un collectif fait de franches engueulades si nécessaire mais aussi d’authentiques
équité et respect. Si certains ont réussi à installer le contraire pourquoi ne réussirions-nous
pas à le faire. Il y a là du travail (un beau mot tonique si abîmé) pour
plusieurs générations.Commençons donc sans attendre même si cela est déjà en route et qu’on peut l’apercevoir si on fait un pas de côté pour regarder ailleurs de ce que l’on nous montre le plus.
Une petite
citation d’un poète pour la route. Sans prétention. « Ce qui vient
au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. »
(Fureur et Mystère 1948).
Un peu dur pour les plus diminués et exposés de la vie, René char n’était pas qu’un tendre poète, mais tonique et au fond plein d’espoir.
Merci pour ce texte.