Être
complotiste ou anti-complotiste est une question de choix de
paradigme. Il y a en gros deux paradigmes qui s’opposent :
1.
Le paradigme complotiste :
Il
consiste en l’idée que nous vivons dans un monde dominé par le
mensonge et la tromperie. Le mensonge et la tromperie y sont
systémiques. C’est un monde amoral, un monde dans lequel la
recherche effrénée du pouvoir occulte tous les autres aspects de la
vie. Tous les sous-buts poursuivis ne sont pas mauvais (certains sont
même bons) mais ils sont subordonnés au but principal qu’est la
quête du pouvoir. Si le pouvoir est menacé, il n’hésite pas à
se débarrasser de tout ce qui peut l’entraver, y compris la
morale, y compris les valeurs humanistes. Il existe une caste de
dirigeants et d’oligarques qui ont le culte du pouvoir. Les
dirigeants politiques sont prêts à toutes les lâchetés et à
toutes les compromissions pour le conserver et pour l’accroître,
quitte à être les marionnettes dociles des puissances d’argent.
2.
Le paradigme dominant ou anti-complotiste :
Il
consiste en l’idée que nous vivons dans un monde dominé par la
raison, l’ordre et l’honnêteté. La tromperie et le mensonge
existent mais ils ne sont que des déviations, des défauts qu’il
faut corriger. C’est la croyance en un monde où l’on s’efforce
d’être moral, rationnel et raisonnable mais, la nature humaine
étant ce qu’elle est, il s’y glisse malheureusement l’erreur,
l’incompétence, le mensonge, la tromperie et bien d’autres
défauts. Le recherche du pouvoir peut entraîner des déviances,
mais globalement ceux qui sont à la tête de nos « démocraties »
sont pénétrés de l’idée du bien commun et font du mieux qu’ils
peuvent. Le système peut et doit être amélioré, mais il est
globalement bon.
Si
l’on adhère au paradigme 1, on est obligé d’admettre que la
tromperie et le mensonge s’insinuent partout, y compris donc chez
les complotistes. Le piège dans lequel tombent les anti-complotistes
c’est que, quand ils ont trouvé une erreur ou un mensonge dans un
récit complotiste (le plus souvent c’est une erreur), ils
s’imaginent que cela suffit à réfuter le paradigme complotiste.
Quelques points défectueux dans un tableau pointilliste ne remettent
pas en cause le tableau dans son entier. Il suffit de faire quelques
pas en arrière pour voir que ça n’affecte pas le tableau dans son
ensemble.
Le
paradigme qui permet le mieux de rendre compte de la réalité
actuelle est le paradigme complotiste. La question n’est pas de
savoir s’il faut être complotiste ou pas, la question est de
savoir où je vais mettre le curseur de mon complotisme, c’est-à-dire
quel degré de complotisme je vais adopter sans risquer de remplacer
une croyance par une autre croyance, et donc sans perdre mon esprit
critique et ma faculté de douter. Complotistes et anti-complotistes
ont en commun la tendance à croire. La différence, cependant, et
elle est énorme, c’est que le complotiste se méfie par principe
de ceux qui nous mentent et nous manipulent, ce qui est une attitude saine, quand
l’anti-complotiste, lui, les défend.
Remarque : les effets indésirables des vaccins ont au moins un effet positif, un effet positif sur l’esprit, c’est l’effet « Virenque » : On m’aurait menti ???