@Jean-Luc ROBERT
Bonsoir, mon avis est probablement très simpliste et développer cette question demande vraiment beaucoup d’énergie tant le sujet est vaste.
Je me lance et prends l’exemple du service militaire. A cette époque vous le savez beaucoup mieux que moi, cet espace servait de ’passage à l’âge adulte’, même les plus réfractaires en parlent encore maintenant avec une certaine mélancolie, du vague à l’âme … Beaucoup parlaient de brimades et de violences (claques, coups de pieds …), de pressions et de souffrances. La maltraitance s’il y avait, pouvait être sous traitée à de jeunes appelés dits officiers de réserve et qui représentaient l’autorité ou du moins la représentation qu’ils en avaient, avec la frustration, le pouvoir et le savoir être qui allaient avec. Bien souvent le sergent ou le capitaine venaient avec un certain ravissement réajuster le chacun à sa place avec la réelle autorité, celle qui est naturelle et on dira en bon père de famille : oui l’armée pour certains c’était papa/maman.
Je discutais récemment avec un militaire de carrière qui commentait l’idée de refaire ce fameux service militaire, il m’expliqua que déjà fin 2003, l’année du dernier contingent d’appelés, il était particulièrement difficile d’appliquer l’autorité et beaucoup de ses collègues démissionnaient à l’idée de la faire respecter. Il en va de même pour les nouveaux engagés qui refusent à tord ou à raison d’effectuer certaines taches et là on parle d’une armée de professionnels.
Pour lui, l’autorité à la Légion Etrangère resterait encore respectée, acceptée et vénérée, faut-il croire qu’au regard du passé de nombreux légionnaires, la Légion pose le cadre qu’il n’ont jamais eu et dont ils avaient besoin, c’est une autorité qui est recherchée, approuvée et donc naturelle.
Si on reste dans le cadre de l’armée, en 2005, un dispositif a été crée qui s’appelle l’EPIDE (Établissement public d’insertion de la Défense), il offre aux volontaires, âgés de 18 à 25 ans, l’occasion de pallier les lacunes de leur savoir, d’acquérir un savoir-être et des savoir-faire … dans le texte. Je me souviens d’y avoir orienté un suivi, un jeune adolescent en rupture de repère familial, il me raconta le lever tôt le matin, le salut aux couleurs et on y revient … et là il parlait d’autorité naturelle celle qui s’impose parce qu’on le veut bien !
Par cet exemple je parle d’autorité naturelle par ce qu’elle est exemplaire, égalitaire et juste et contextuelle.
Je travaillais dans un CSAPA, vous savez bien sur ce que c’est, on voyait des personnes dépendantes aux substances, des personnes relevant de ce qu’on appelle une Obligation de Soins, avec lesquelles on essayait de trouver ensemble un consensus de ce pourquoi l’autorité (justice, JAP …) les avait orienté vers nous. En 17 années de carrière, je n’ai pratiquement eu aucun problème de violence car l’accueil que nous leur accordions validait naturellement notre autorité implicite.
Je crois qu’elle est possible quand elle est naturelle, expliquée, recherchée, honnête comme doivent être ceux qui la revendiquent et qui l’appliquent, contractualisée (contrat de travail) et c’est paradoxal car je crois qu’il faut un consensus pour l’accepter.
Faut-il réinventer l’autorité scolaire, la négocier avec les élèves, pourquoi pas !
Au final il faut lui redonner du sens.
Votre question est un exercice de style et je me permettrais de vous dire que si vous êtes d’origine antillaise lisez ceci :
Mwen swé con an bouwo ki allé a confess, sinon oubliez.
Sergio