@Luc-Laurent Salvador
Je
n’ai pas parlé de
la gnose dans
mon commentaire car je n’avais pas besoin de m’y référer pour
exprimer ce que je voulais dire. Vous
m’avez
donné envie de
m’y
intéresser
à
nouveau.
J’avais lu un bouquin sur les gnostiques il y a très longtemps,
quand j’étais étudiant, je crois. J’avais lu aussi l’évangile
de Thomas commentée par Jean-Yves Leloup. Depuis plus rien. En
attendant de m’y replonger je peux déjà faire quelques remarques.
D’abord
la sempiternelle accusation de folie des grandeurs, probablement
aussi vieille que le christianisme : l’homme
voudrait devenir Dieu. Outre que c’est une accusation absurde (même l’expression « être comme des dieux » ne veut
pas dire « être Dieu »), c’est surtout une accusation
suspecte. En quoi l’élévation spirituelle par la connaissance
serait-elle dangereuse ? Qui a intérêt à maintenir les
humains dans la soumission et l’impuissance ? Qui d’autre
que les détenteurs du pouvoir religieux est menacé par les chercheurs spirituels ?
Il
semble qu’il n’y ait pas que la science à avoir subi la volonté
de l’Église de maintenir les hommes dans l’ignorance.
Nous vivons
une époque très particulière, une période de transition :
nous sommes sur le point de voir advenir un monde nouveau, après des
siècles et même des millénaires d’obscurantisme,
de soumission et de manipulation par les forces occultes de
l’anti-vie.
Pendant des siècles, les religions ont prospéré. Elles ont
prospéré dans une ère de ténèbres, une ère de violences, de
mensonges et de prédation. On devrait se poser cette question de bon
sens : si les religions sont l’expression
du divin, pourquoi ont-elles prospéré dans un monde dominé par le
mal ? Comment
le Prince de ce
monde
a-t-il toléré le christianisme ? Quelques
îlots de spiritualité authentique ont survécu et ont été tolérés
tant qu’ils ne menaçaient pas l’ordre établi, c’est-à-dire
le pouvoir ecclésiastique, mais
ils devaient se faire très discrets et étaient considérés comme
des marginaux :
des
mystiques comme
Maître Eckhart dans
la religion catholique, l’hésychasme des moines du Mont Athos et
les mystiques du christianisme orthodoxe, le soufisme dans l’islam.
Le gnosticisme n’a pas eu la chance de survivre car il a été
fortement combattu par les forces obscures infiltrées très tôt
dans la religion chrétienne. Depuis la découverte des manuscrits de
Nag Hammadi, il semble renaître de ses cendres. Est-ce
un hasard si ces textes resurgissent à l’approche de l’Apocalypse,
période de grandes révélations ? Mais surtout, pourquoi avoir
fait tant d’efforts pour les interdire, pour les brûler, pour les
cacher aux humains ? Cela devrait mettre la puce à l’oreille…
Enfin
dernière remarque, il me semble évident que le Christ a transmis à
ses disciples les plus avancés un enseignement ésotérique. Que cet
enseignement ait pu subir, par la suite, des déformations ou des
interprétations fausses n’y change rien. Si le Christ vivait à
notre époque, je pense qu’il divulguerait cet enseignement. Il va
sans dire qu’il ne serait pas reconnu par l’Église. Mais il
n’aurait pas besoin de l’être car elle ne connaîtrait même pas
son existence. Le terme « ésotérique » ne doit pas être
diabolisé : l’ésotérisme ne contient pas des secrets
jalousement gardés et interdits au profane, c’est simplement un
enseignement avancé qui a dû être tenu secret pour des raisons de sécurité.
L’enfant ne doit pas se prendre pour un adulte, mais il doit devenir adulte. Et le dormeur doit se réveiller. 