@Luc-Laurent Salvador (suite)
Que
cet enseignement ait pu subir, par la suite, des déformations ou des
interprétations fausses n’y change rien. » Qu’en
faites-vous ? Vous me parlez de magie noire
et
de pouvoirs occultes. Personne ne nie que la fascination pour les
pouvoirs occultes ait
toujours existé. Mais
pourquoi
mettre tout le monde dans le même panier ? Si on suit votre
logique, si Jésus avait vécu au Moyen Âge il aurait fallu le
brûler pour hérésie. Idem pour Thomas et pour Marie Madeleine. Et
qui juge si la connaissance est mal orientée ? Ceux qui ne la
connaissent pas ? Bizarre...ou plutôt absurde.
Le
Dieu de Jésus, le Père, n’est pas le dieu de l’Ancien
Testament. Il le dit lui-même. Même s’il ne l’avait pas dit,
c’est pour moi une telle évidence que je n’arrive pas à
comprendre qu’on puisse les associer. C’est pourtant ce qu’a
fait le christianisme. Il a réussi l’exploit de mélanger l’eau
et l’huile. Je
vous conseille les livres de Mauro Biglino, vous comprendrez ce que
je veux dire.
La
religion et le mal. Les puissances de ce monde, pour être plus
précis les puissances invisibles de ce monde, ne sont pas totalement
stupides, elles savent qu’il faut mélanger un peu de bien dans le
mal pour perpétuer leur domination sans que ce soit la dévastation
et le chaos permanents. À quoi serviraient des esclaves morts ?
Il faut se nourrir en tuant quelques brebis, mais il ne faut pas tuer
tout le troupeau. À vous lire, la religion, prenons par exemple la
religion catholique, est du côté du bien et elle combat le mal.
Elle chercherait à contenir les mauvaises pulsions mais,
étrangement, elle n’en aurait pas elle-même.
Vous
escamotez le problème, vous contentant
d’admettre, du bout des lèvres, qu’elle
a « pu le faire d’une manière violente parfois ». Elle
a tué des centaines de milliers de gens, directement ou
indirectement, mais bon, c’était pour la bonne cause. Je me
demande dans quoi se trouve le Malin dont vous voulez protéger les
brebis égarées par les « fausses » croyances ou les savoirs mal orientés…
Vous
dites que le cognitif est toujours orienté par le conatif. Je le
vois bien en vous lisant : vous prélevez les éléments qui
vous intéressent pour défendre votre idéologie et occultez ou
déformez tout ce qui ne cadre pas avec elle.
Les
simples en esprit ne sont pas ceux qui sont pauvres en esprit ou
dénués d’esprit. C’est même le contraire : ce sont ceux
qui ont un esprit simple, c’est-à-dire non composé, non complexe,
non tarabiscoté,
non parasité
par une érudition et
un intellect qui
plongent
la personne
dans la confusion et qui
lui masquent sa lumière naturelle.
Apparemment
nous avons entre nous un miroir pivotant. Je le tourne vers vous,
puis c’est votre tour de le tourner vers moi. On va le laisser
tranquille. Je crois que, sans m’en rendre compte, j’ai cédé au
désir d’avoir raison sur un sujet qui ne s’y prête pas. Nous
avons en commun cette erreur, c’est ce que votre métaphore du
miroir m’a permis de réaliser.