COMPLEMENT n° 2
Nos développements ont été
consacrés au concept de « souveraineté européenne ». Ils peuvent être
complétés comme suit à la lumière des observations de certains intervenants.
Traditionnellement,
l’élection permettait aux citoyens de désigner des personnes qui devaient
(mandat impératif révocable de l’Ancien Régime) ou pouvaient ( mandat
représentatif) proposer et arrêter une politique ou remplacer une politique par
une autre. Mais avec le système européen, la politique est définie une fois
pour toutes dans le texte des traités (« intouchables »). Ce qui
implique que l’élection ne sert plus qu’à désigner des gens dont le rôle sera
de mettre en œuvre le programme politique écrit sous forme de traités. Et non
plus d’arrêter une politique et d’en changer.
La « mécanique »
mise en place dans les traités européens, transforme ainsi le rôle de
l’élection. Mais sans le dire. Et sans que les principaux partis politiques, et
les candidats présentés par ces derniers le disent. Ce qui se comprend puisque
les dirigeants des partis dominants étaient acquis ou se sont convertis (
exemple caricatural de la nomenclature PS) à l’idéologie véhiculée par les
traités.
NB. De leur côté, les
citoyens qui n’ont pas lu le texte des traités, qui ne disposent, à la place de
connaissances et d’informations, que des
argumentaires qui leur sont servis ( pour… les asservir en quelque sorte) sont
désorientés. Et ont ce faisant du mal à concevoir ( même après le
« Brexit ») : a) que la France et les Etats du même continent
auront toujours, et nécessairement, des
rapports dans tous les domaines (financiers, commerciaux, économiques, sociaux,
fiscaux …), lesquels sont dictés par la géographie ; b) que ces Etats
peuvent très bien choisir de participer à un système de relations dans
lequel seraient mis en place des mécanismes facilitant le rapprochement des
législations. Non pour imposer (comme avec Maastricht / Lisbonne)
le libre jeu des mouvements financiers y compris étrangers,
mais pour faciliter l’amélioration du sort des citoyens.
On comprend, comme
l’ont remarqué plusieurs intervenants,
que les candidats crédités des meilleurs scores aux élections présidentielles,
à supposer qu’il y ait parmi eux des non convertis, se gardent bien d’évoquer
ce genre de question, y compris ceux qui incluent ( ou osent le faire) le thème
de la « souveraineté » dans leur discours électoral,.