@Jonas
Bonjour.
En Occident, les termes de Rusʹ et de Russie ont été longtemps distingués, Rusʹ était alors traduit par Ruthénie, avant que l’historiographie
russe ne prenne le pas et confonde son nom avec l’ancien État médiéval
slave oriental. Ainsi il n’est pas rare de voir encore aujourd’hui écrit
abusivement Russie de Kiev au lieu de Rusʹ de Kiev. D’où l’erreur compréhensible d’Eric Zemmour (surtout depuis que la communication externe russe a été reprise d’une « main impériale » par l’équipe de Vladimir Poutine).
.
Depuis l’invasion Catherine de Russie juste après la Révolution française de 1789 (disparition de la Pologne et de l’Ukraine), la déformation et la captation d’héritage opérées par
l’historiographie russe fait remonter la naissance de l’État russe à
l’époque de la principauté de Kiev. Mais la principauté de Kiev existait
déjà aux IXe et Xe siècles,
elle était alors le seul grand État des Slaves orientaux. Or la Russie
proprement dite, avec son état d’esprit impérial, n’est apparue qu’au cours
des XVe et XVIe siècle. Le tsarat de Moscovie ne prit le nom de Russie qu’en... 1721.
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La solution la plus satisfaisante linguistiquement et historiquement est de traduire Rusʹ soit par « principauté » (ou autre structure étatique), soit par « Ruthénie », forme latine historiquement bien attestée depuis le Moyen Âge. Au XIXe siècle, les Roussiny de Galicie
étaient encore qualifiés de Rithenen par le gouvernement
austro-hongrois. Parler de Ruthénie kiévienne aurait donc le mérite de
la clarté...
... et d’éviter que Vladimir Poutine ne mange un troisième morceau de l’Ukraine avec le consentement tacite d’Eric Zemmour & co. Le fait qu’Eric Zemmour ne soit pas le seul prêt à abandonner des portions de l’Europe de l’Est à la Russie explique très grande partie que tous ces peuples frontaliers de la Russie préfèrent la protection d’une OTAN demeurant soigneusement américaine plutôt qu’une défense européenne sous influence française ou Bruxelloise...
Cordialement.