Certains commentateurs traitent de questions connexes.
Qui appellent l’attention sur la nécessité de réformes.
Mais avant, il faut préciser le vocabulaire.
1/ la valeur « sociale » / la
« rentabilité » … du diplôme.
Quand on arrive à limiter le nombre de diplômés ( cas des
personnes entrant et sortant des grandes écoles) la rentabilité sociale du
diplôme demeure grande.
En revanche, plus il y a de diplômés, moins le diplôme
permet de continuer à avoir des emplois de même niveau. Il y a 80 ans, avec le
baccalauréat, ou la capacité en droit, on
pouvait postuler à des emplois qui ne sont ouverts aujourd’hui qu’à des
titulaires de diplômes bacc + 4 ou plus.. C’est comme cela qu’évoluent les
sociétés. Qui trouvent avantage à ce que de plus en plus d’être humains soient
instruits et aient des diplômes. Sociétés qui s’adaptent naturellement à ce
phénomène.
Dire qu’il faudrait limiter le nombre de diplômés pour qu’il
y ait la même adéquation que précédemment avec les emplois, est certes politiquement situé, mais
constitue une vue de l’esprit. Qui ne correspond à l’évolution d’aucune
société. ( Evolution qui peut être certes retardée ou entravée par le fait de
dirigeants politiques adeptes de telle ou telle idéologie, ou trouvant par là
un moyen de figer pour un temps la stratification sociale, ou ayant subi une formation ne les
prédisposant pas à la réflexion prospective - v. le § qui suit - ).
Quant à penser qu’il y aurait un lien nécessaire entre la
rareté d’un diplôme adapté à des postes rares, et l’intelligence ou les
qualités intellectuelles de ses titulaires, cela relève également d’une vue de
l’esprit. Que l’analyse des décisions préparées ou prises par des personnes
sortant de l’ENA depuis quelques dizaines d’années, ( sans compter le contenu
de leurs interventions publiques) commence il est vrai à dissiper.
2/ Les taux d’échec des étudiants.
Certes, quoiqu’un enseignant fasse, un petit groupe
d’étudiants réussira de toutes façons, et un petit groupe ne réussira pas. Mais
la grosse cohorte des étudiants devra sa réussite ou son échec à l’enseignant. L’expérience
montre en effet ( et les statistiques
démontrent quand il en est établi) que la réussite ou l’échec des étudiants
dépendent de la qualité de l’enseignement qui leur est distribué. Quand un
enseignant sait de quoi il parle et a envie de le transmettre à ses étudiants (
= les respecte et se respecte) , le taux de réussite des étudiants dans sa
matière est systématiquement supérieur à celui des étudiants qui doivent subir
l’enseignant qui a des connaissances approximatives et qui se contente de gérer
son statut. ( NB. La question se pose autrement dans le primaire et le
secondaire)
3/ le « niveau » des étudiants.
Les enseignants qui n’obtiennent pas de bons résultats, se
plaisent à dire que le « niveau baisse » (celui des étudiants). Outre que c’est ce qu’on dit depuis
Charlemagne, il ne faut pas confondre le niveau de réussite des étudiants aux
examens et leur « niveau » apprécié à l’aulne des connaissances jadis
distribuées aux générations antérieures.
Et puis, que le niveau apprécié aux notes obtenues dans les
matières enseignées dans le secondaire, des bacheliers qui entrent à
l’université puisse avoir une incidence sur leur réussite à venir ne se
comprend que dans certaines disciplines. Car, en réalité, les questions qui
sont traitées à l’université dans beaucoup de filières, sont nouvelles par
rapport à ce qui figurait dans les programmes du secondaire. Le droit est un
exemple idéal typique ( il n’est pas le seul à pouvoir être cité) . Pour faire
du droit, il suffit à la vérité, de savoir … lire et écrire. Et aussi, si l’on
en juge par la production « scientifique » de certains universitaires,
de savoir faire du « copier-coller ». Sélectionner les candidats à
une licence en droit, avant qu’ils aient eu le moindre cours de droit, est
quand même une démarche intellectuellement acrobatique.