https://www.vududroit.com/2023/02/le-populisme-judiciaire-est-a-geometrie-variable-pour-le-monde/
Le bon « populisme judiciaire » selon Le Monde
Il y a donc le mauvais « populisme
judiciaire » : celui des couches populaires qui veulent plus de
sévérité pour ce qui leur pourrit la vie et leur fait peur. Et il y a le « bon
». Plutôt « les bons » d’ailleurs. Concernant celui du système médiatique que
nous venons de pointer, les critiques des belles âmes relayées par Le
Monde sont très mesurées et se limitent à quelques leçons de morale
dès lors que les excès deviennent trop évidents, comme lors du traitement de
l’affaire de la petite « Lola » par Hanouna, à heure de grande écoute.
Il y a un autre « populisme
judiciaire » : celui pratiqué par les élites et la petite bourgeoisie qui les
sert. Aucune remarque lorsque se déchaînent des lynchages médiatiques contre
tel ou tel politique, artiste, journaliste, ou écrivain. Une accusation,
parfois fantaisiste, de harcèlement sexuel, de tentative de viol, de violences
conjugales, de racisme ou d’homophobie valent passeports pour l’enfer
médiatique et social. La présomption d’innocence ? La charge de la preuve ? Le
débat contradictoire ? Mais que veulent dire ces mots ? Ils ne font pas partie
du vocabulaire des militants des « luttes intersectionnelles » que Le
Monderegarde avec tendresse, et dont il relaie la moindre saillie. On ne
prendra à ce titre que l’exemple de l’ex-ministre macronien Damien Abad, cloué
au pilori et à la carrière brisée, alors qu’il n’est même pas pénalement
poursuivi. Et il y en a tant d’autres.
Hélas, non seulement les professeurs
de maintien ne disent rien, mais en général ils relaient les accusations et
acceptent le piétinement des principes. On pense aussi à Assa Traoré, insultant
à peu près quotidiennement l’institution judiciaire et bénéficiant pour cela de
la complaisance non seulement des médias qui la reçoivent à tout propos, mais
également de nos dirigeants. On se souviendra de l’exemple calamiteux de
l’ancien ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, proposant
l’agenouillement des policiers dans la cour de la préfecture pour faire plaisir
à la militante.