Tout cela n’est pas une simple affaire de personnes mais
de politiques publiques et de leur bilan et effets ainsi que des discours et explications et promesses qui
les ont accompagnées. Et donc de la responsabilité de la parole publique dont
les responsables politiques devraient être comptables et qui devraient être au
cœur de nos débats et enjeux électoraux sans possibilité d’échappatoires ou
diversions médiatiques. Sinon, que valent encore les références solennelles à la république et à
la démocratie derrière lesquelles se cachent ceux qui en ont tant besoin. Au
moins 50% de nos concitoyens en ont déjà tranché en contournant l’urne pour
aller directement dans la rue quand la menace contre leurs intérêts devient
imminente.
On ne joue pas impunément pendant des années et des
années avec la démocratie, la réalité de
la responsabilité politique et la sincérité de sa parole, les corps sociaux
intermédiaires que l’on s’applique à
discréditer et dévitaliser au profit d’officines privées, les services publics
que l’on prive de moyens tout en déplorant leurs difficultés dans des palabres
sans fin, la bienveillance vis-à-vis de la concentration de la presse et des
médias au profit de l’argent-roi et de son idéologie mettant la pluralité de
l’expression des points de vue et la réalité d’une information neutre et
pertinente au régime sec comme le disent régulièrement l’ensemble de nos
concitoyens (taux de confiance 25%).
Nous
avons depuis Sarkozy en fait un vrai problème politique avec certains ministres
et un syndicat de police qui a prospéré sur un contexte d’exercice de la police
dévoyé et devenu extrêmement difficile pour les policiers. Nous avons un problème de recrutement maintenant qui
pousse à être moins sélectif, une formation initiale courte en comparaison avec
des pays semblables et une formation continue insuffisante et disparate en
qualité. Toujours la même politique du moins-disant pour nos services publics
ici comme ailleurs. Nous sommes au bout de quelque chose et ce ne sera plus
supporté longtemps.
Il
y a de la violence policière liée à des circonstances. Par exemple dans un
certain type de manifestations et de leur traitement avec des postures
variables de la chaîne de commandement du ministre aux préfets, l’usage de
technique peu ou plus employée (la nasse, les motos) dans des pays comparables
et d’armements aussi, qui favorisent les tensions et les bavures. Le rôle des
black bloks qui tantôt ne trouvent pas d’espace (manifs associées à la réforme
de la retraite) et tantôt en trouvent sans que l’on sache vraiment pourquoi.
Nous avons régulièrement ici une
substitution de l’usage de la police en lieu et place du dialogue social. C’est
devenu une spécialité française que personne ne nous envie.
Enfin
la police confrontée à la délinquance associée aux ghettos de pauvres et
d’immigrés qui ne se sont pas constitués tout seul et où la police n’a pas en
réalité les moyens de mener réellement ses missions ( à l’image des autres
services publics) comme l’a démontré
involontairement Macron avec sa tournée à Marseille. Il y a là de longue date
une absence de politique coordonnée de la ville qui est défaillante. Ce n’est
pas la police qui peut suppléer à cela. Cette situation est une machine où la
police est amenée à flirter entre la bavure et l’impuissance. Au quotidien pour
certains. Le métier de policier comme bien d’autres a été instrumentalisé et abîmé.
Les personnels de justice, police, éducation, santé, social, transport ..sont placés dans des injonctions
paradoxales sur lesquelles tentent de capitaliser la cavalerie des démagogues,
des populistes et des opportunistes qui n’aiment pas beaucoup les retours en
arrière éclairants et instructifs.
Concernant
le développement de ghettos de pauvres et d’immigrés, l’avertissement vient de
loin de la part de Georges Marchais avec des étapes significatives comme en
2005 et ceux qui ont fait la politique
du pire sans toujours bien s’en rendre compte, juste préoccupés du prochain
mandat, continuent aujourd’hui de tenter de récupérer un peu de carburant
électoraliste voire plus maintenant. Ce n’est même plus la peine de les nommer
tellement ils brillent et à l’occasion crient fort pour donner le change. C’est
quand même monsieur Darmanin qui a dit à MLP qu’elle était trop laxiste.
Ministre, on ne devrait pas jouer avec des boutefeux.
Il
n’y a plus de temps à perdre. Il faut en urgence une politique coordonnée pour pouvoir laisser
derrière nous ces boulets. Qui renvoie à une alternative politique fondée sur
une authentique république démocratique
fondée sur une responsabilité économique et écologique inséparable d’une
authentique justice sociale. Autrement nous aurons laissé pourrir la
démocratie.