« Ce judaïsme vivant, convient-il de le chercher loin des luttes des partis de la métropole, dans ce monde hellénistique où les Juifs avaient essaimé en piasse sous le second Temple, particulièrement à Alexandrie ?
Certes, il y a eu dans l’Egypte des Ptolémées une phase brillante de l’histoire du judaïsme. Grâce à la traduction grecque de la Bible et à la littérature apologétique et propagandiste qui s’est greffée sur la Septante, écrits de poètes, d’historiens, de philosophes de talent, le judaïsme avait entamé une véritable conquête morale du paganisme par son dogme simple, son éthique pure, l’humanitarisme de sa législation sociale et la séduction même de certains de ses rites interprétés dans leur signification morale ou symbolique. L’amalgame de l’hellénisme avec le judaïsme commencé en Palestine s’était heurté, après une période de vif engouement, à, une réaction énergique, du jour où il était apparu que cet hellé- nisme, d’ailleurs de seconde zone, sous les espèces d’un épicurisme sensuel, mettait en péril l’esprit de la Tora.
Mais, en Egypte, sous des princes lettrés, il fut plus aisé de concilier la doctrine des grands penseurs de THellade, gagnés déjà à une doctrine monothéiste et professant une morale élevée, avec les enseignements du mosaïsme. »
« Le judaïsme » par Julien Weill