@Bruno Hubacher
Je n’avais pas saisi le sens de vos
propos, c’est pourquoi je vais formuler ma propre conception de la
dégénérescence des partis révolutionnaires. ( je n’aborderai pas
la dégénérescence de la révolution française qui se situe dans un
autre contexte, c’était une révolution bourgeoise) et vous me direz
si je suis éloigné de ce que vous vouliez dire.
Les partis (révolutionnaires) sont
fondamentalement corruptibles car composés de gens réels vivant
dans une société capitaliste et formatés par cette société. Les
gens (les militants ) qui adhérent jeunes dans ces partis sont honnêtes et sincères et oeuvrent pour changer la société par la
révolution, mais ils évoluent dans la vie, dans leur carrière
professionnelle, s’embourgeoisent en quelque sorte en même temps
qu’ils s’empâtent au niveau de la taille, et d’ardents
révolutionnaires ils se transforment en bureaucrate du parti ou du
syndicat, car ils s’installent dans des postes de notables syndicaux,
s’accrochent à leurs postes et à leurs mandats de responsables du
syndicat, privilégiant l’organisation syndicale réformiste au parti
de classe révolutionnaire. Comme la conscience de classe est
déterminée par les conditions d’existence, plus les conditions
d’existence s’améliorent plus la conscience de classe diminue.
Le programme du parti est toujours le
fruit d’un consensus entre les militants, quand ces militants
s’embourgeoisent, le parti aussi.
Ce glissement progressif du parti
révolutionnaire vers la notabilité s’accompagne toujours du
renfermement sectaire de ces membres sur leur propre nombril comme
conséquence de la faillite idéologique du parti qui en définitive
n’a pas su mobiliser les masses sur son programme révolutionnaire,
et ils en rendent responsable,de manière inconsciente, les masses
prétendument ignorantes qui n’ont pas su reconnaître la justesse du
programme du parti. Et de meneurs révolutionnaires, de leaders, ils
deviennent les professeurs car ils sont les sachants, eux, ils
savent ce qui est bon pour le peuple.
Donc quand vous écrivez « Les
révolutionnaires ont toujours conscience de leur condition, que ce
soit de par leur statut social, souvent privilégié, ou par le fait
d’avoir fait des études, conscience de ce qu’eux ils estiment est
bien pour « le peuple » et qu’ils tentent de « transmettre » ou
devrait on dire « insinuer » à celui-ci, qui lui à priori n’en
ont pas » c’est
vrai, mais cela se fait avec le temps, comme résultat de
l’incapacité du parti à transformer une situation d’affrontement de
classe en lutte pour la prise du pouvoir. L’amertume des jeunes
révolutionnaires face à leur échec historique les transforme en
vieux croûtons donneurs de leçons ( et j’en fais certainement partie
) !
Cela c’est dans le cadre
d’un mouvement qui se plante, et cela à toujours été le cas hormis
octobre 17, qui n’aurait pas réussi sans la volonté inébranlable
de Lénine qui a eu les plus grandes difficultés à convaincre le
parti bolchéviks de parti à l’assaut du pouvoir.
Toute la question est :
quel parti et comment fonctionne-t-il ?
Lénine avait tout
compris : il expliquait que le bureau politique et le comité
central étaient droitier par rapport au parti et que le parti était
droitier par rapport aux masses.
Ceci est
Lénine avait également
écrit que l’Internationale communiste devait etre dirigé par les
représentants des partis communistes des pays les plus pauvres de la
planète ; encore une fois en lien direct avec la notion de :
la conscience est déterminée par les conditions d’existence.
Cette ligne de Lénine
devait « sauvegarder » l’internationale communiste de
l’embourgeoisement.
Lénine est mort avant
d’avoir pu mettre en œuvre sa vision du parti et de
l’Internationale.
Lénine avait compris bien
avant l’heure les effets de la dégénérescence bourgeoise.
Les Gilets Jaunes l’ont
mis à l’honneur : ni dieu ni maître ni meneur !