@L’apostilleur
Je suis allé regarder votre blog, il
est intéressant, mais nous n’avons pas la même démarche, pour ma
part il n’y a aucun livre saint, seulement des humains avec leurs
motivations pour agir et leurs croyances. Donc s’il n’y a pas de livre
délivré par « Dieu » ce sont les hommes qui ont agit en
fonction de leurs motivations et c’est ce que les chercheurs tentent
de trouver, y compris pour le coran. Je reproduis ci-dessous quelques
éléments.
Pour E.-M.
Gallez [20][20]E.M.
Gallez, Le Messie et son prophète. Aux origines de…, le
« proto-islam » doit être placé au terme d’un très
long processus, qui plonge ses racines dans les mouvements
messianiques et apocalyptiques des derniers siècles du judaïsme et
passe ensuite à travers le mouvement du judéo-christianisme, ici
celui des « judéo-nazaréens ». En fait, l’islam
« officiel » naît de l’idéologie califale du viiie
siècle, après une série de transpositions de sens, historiques,
géographiques, et théologiques.
Un
autre voie, dans un sens très critique, est représentée par deux
chercheurs qui ont tenté de retourner en amont du Coran dit
othmanien, autrement dit au Coran avant le Coran. Frappés, tout
comme nous le sommes, par le fait que de nombreux passages ne font
guère sens, et s’appuyant notamment sur l’embarras des exégètes
du Coran face à certains passages ou mots de ce texte, ils ont tenté
de retrouver le Coran « primitif », avant les
modifications qui y ont été faites par des scribes, des
grammairiens et des juristes- théologiens. C’est ainsi que G.
Lüling [15][15]Cf. ?Gilliot,
« Deux études sur le Coran », Arabica, XXX (1983),…
a pensé pouvoir établir qu’une partie du Coran provenait d’hymnes
chrétiens dont l’orientation était celle d’une christologie
angélique. Certains des motifs y ont été remaniés, et des motifs
arabes y ont été intégrés. Son ouvrage contient des
reconstructions de nombreux passages du Coran. Mahomet serait parti
d’un « Islam abrahamique, chrétien primitif »,
c’est-à-dire judéo-chrétien, qu’il aurait associé à « un
paganisme arabe ancien, ismaélite et dépourvu de représentations
iconiques », combattant ainsi « le christianisme
hellénistique ». Les thèses de Lüling ont été largement
passées sous silence, notamment en Allemagne [16][16]Gilliot,
« Le Coran, fruit d’un travail collectif ? », dans
De….
22Dans
sa tentative d’élucider les passages linguistiquement controversés
du Coran, Ch. Luxenberg (pseudonyme) [17][17]Cf.
Gilliot, « Langue et Coran : une lecture syro-araméenne
du…, quant à lui, procède par étapes. Il vérifie d’abord
si les traducteurs occidentaux du Coran n’ont pas omis de tenir
compte de l’une ou l’autre explication plausible proposée par
des commentateurs ou des philologues arabes. Il cherche ensuite à
lire sous la structure arabe un homonyme syro-araméen qui aurait un
sens différent, mais qui conviendrait mieux au contexte. Si cela
n’aboutit pas, il déchiffre enfin la vraie signification du mot
apparemment arabe, mais incohérent dans son contexte, en la
retraduisant en syro-araméen, pour déduire le sens le mieux adapté
au contexte coranique. Ch. Luxenberg est ainsi parvenu dans bien des
cas à des résultat intéressants, par exemple pour la sourate 100,
dans laquelle il voit une sorte de réécriture de la première
Epître de saint Pierre 5, 8-9. L’entreprise de Luxenberg a été
rejetée par un très grand nombre d’arabisants et d’islamologues.
Elle nous paraît, quant à nous, intéressante, mais chacun des cas
qui y est traité doit être examiné de près et mis à l’épreuve
de la critique. Elle a reçu un bon accueil de plusieurs
syriacisants, dont J.M. F. Van Reeth de Louvain, qui a tenté de
démontrer que le Coran cite les Evangiles sous la forme du
Diatessaron (« les quatre évangiles en un ») de
Tatien (m. 173), suivant ainsi une tradition marcionite, plus
spécifiquement dans l’interprétation qu’en a donné
Mani [18][18]J.M.
F. Van Reeth, « L’Evangile du Prophète », dans De Smet
D.….