@Gollum
« Et
assez infect personnage dans le fond. Ce n’est pas le cas de Laconique. »
Ben
merci, c’est sympa, je le prends bien lol. 
Je
ne suis pas exégète, je l’avoue humblement. C’est vrai que ces versets sont
problématiques. Je le reconnais. Mais c’est justement ce qui prouve leur
authenticité. Les évangiles ont été, sinon écrits, du moins mis en forme et
publiés après la première génération apostolique. Si ces
versets étaient bloquants, et à prendre au pied de la lettre, ne pensez-vous
pas que les éditeurs se seraient empressés de les supprimer ? Leur
maintien prouve au contraire qu’ils recèlent une vérité plus profonde, à
rechercher au-delà du sens obvie.
Du
reste, quand on attaque des passages de l’Écriture, il faut regarder si l’Écriture
elle-même ne répond pas aux objections. Pour les passages que vous citez, je
vois au moins deux réponses, sinon trois. D’abord en Jean 21, 23 : « Le
bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus
n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux
qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » Et surtout en 2 Pierre 3, 8 : « Bien-aimés, il est une chose
qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme
mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à
tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au
contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser
quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. » Et ceci rejoint l’histoire des mille ans au cours desquels Satan est enchaîné
dans l’Apocalypse, que Jacque Ellul, dans son livre sur l’Apocalypse,
interprète comme le temps indéfini (mille égale indéfini) durant lesquels Dieu
suspend le Jugement pour laisser le temps à l’homme de faire son œuvre, et pour
arriver à la pleine consommation des élus.
Mais
tout ceci est encore de la chicanerie d’une certaine manière. Le plus important
est de saisir le sens profond de ces versets. Ils rejoignent l’enseignement
constant de l’Écriture, à savoir que le Jour du Seigneur arrivera à l’improviste,
« comme un voleur », sans que personne s’y attende. Ce sera peut-être
dans mille ans, peut-être dans un million d’années, mais peut-être dans une
demi-heure, la probabilité n’est pas moindre d’un point de vue scripturaire.
Pour
prendre une analogie humaine : depuis 2012 j’annonce sur ce site que
François Bayrou gouvernerait. Tous les ans, sous les articles parlant de
Bayrou, j’écrivais inlassablement : « François Bayrou gouvernera. »
Pendant douze ans j’ai prêché dans le désert. Aujourd’hui c’est fait, François
Bayrou gouverne. L’issue était inéluctable, et elle pouvait se produire à n’importe
quel moment. Pour nous qui vivons dans cette réalité, cela nous semble
dorénavant évident, mais pendant ces douze longues années cela semblait
inaccessible, inatteignable, et beaucoup sont morts avant d’avoir vu l’accomplissement
de cette prophétie. Et il en sera de même du Jour du Seigneur, et c’est cela ce
que signifient ces versets. Et effectivement, lorsqu’ils s’accompliront,
certains ne goûteront pas la mort, et certains n’auront pas fini de parcourir
Israël dans leur prédication. Il faut se libérer d’une interprétation
chronologique pour saisir le contenu de vérité substantiel de ces prophéties.
Bon, je vous demande pas
de répondre à ces points. Je sais que pour vous c’est du « bottage en
touche ». Mais enfin cessez de vous croire plus intelligent que les
éditeurs des évangiles, et d’analyser avec nos critères des
textes qui s’enracinent dans une conception de l’eschatologie qui vous échappe
(et qui est issue d’Isaïe et de toute la conception prophétique du temps, que
Matthieu ne fait dans vos passages que transposer).