@colibri
Affaire Alègre ... mais le sud-ouest a été beaucoup touché par des viols dans des centres (lieux de vie et institutions religieuses...) mais aussi un coin précis : Pau — Lourdes
Tenez : "
L’enseignante
lanceuse d’alerte de Bétharram, dénonce les tentatives de la faire taire. La
professeure Françoise Gullung, qui a voulu briser l’omerta de Bétharram,
témoigne des pressions et des sévices, subis par des élèves de l’établissement.
Elle a alerté à tous les niveaux, jusqu’à F. Bayrou, alors ministre de
l’éducation nationale. Elle raconte notamment avoir été témoin de maltraitances
avec Élisabeth Bayrou. Auditionnée par la commission d’enquête sur "les
modalités du contrôle par l’Etat et de la prévention des violences dans les
établissements scolaires", Françoise Gullung, enseignante à Notre-Dame de
Bétharram dans les années 1990, a livré son témoignage aux députés. "J’ai
considéré que c’était de la barbarie de faire cela à des enfants",
a-t-elle déclaré, évoquant les violences au sujet desquelles elle a tenté
d’alerter. Quand elle était en poste de 1994 à 1996, elle a tenté d’alerter les
autorités sur les violences commises envers les élèves. Outre le silence de
certains responsables, elle a raconté, avoir subi des pressions et des menaces
de la faire taire, de ce qu’elle voyait lorsqu’elle y travaillait, jusqu’à son
départ de l’établissement. Quand elle était Professeure de mathématiques, de
1994 à 1996, époque au cours de laquelle une 1ère plainte avait été déposée,
Françoise Gullung évoque une violence physique systémique, des élèves battus,
« écrasés de fatigue, ternes, passifs », « qui avaient passé une grande partie de
la nuit debout sans pouvoir dormir. » Elle se souvient de cette scène, lorsqu’elle
croise dans un couloir la femme de François Bayrou, alors ministre de
l’Éducation, et que des cris retentissent derrière une porte fermée. « Il y
avait une salle de classe dans laquelle on entendait un adulte hurler sur un
enfant, on entendait les coups et on entendait l’enfant qui suppliait qu’on
arrête ».Alors qu’elle demande à Élisabeth Bayrou ce qu’elles peuvent faire
pour empêcher ça, celle-ci semble ne pas comprendre. « Elle m’a simplement
répondu, que ces enfants, il n’y en avait rien à en tirer ». Dès la fin de
l’année 1994, elle effectue des signalements en écrivant et en parlant à
François Bayrou, ministre et président du conseil général des
Pyrénées-Atlantiques, en vain. Elle envoie également un courrier au tribunal,
se rend à la gendarmerie, s’adresse à la direction diocésaine, ainsi qu’au
médecin de la protection maternelle et infantile. Mais le seul qui lui a
répondu, c’est l’évêché , qui l’a convoquée pour lui dire « d’oublier tout ça si
[elle] veut rester dans l’enseignement catholique ». Après une plainte déposée
fin 1995 par les parents d’un élève, qui avait été puni plusieurs heures dehors
en pleine nuit d’hiver, l’ancien directeur de Bétharram, le père
Silviet-Carricart a voulu maintenir l’omerta.« Il a réuni tous les profs et
nous a dit de ne pas parler (…) en nous disant qu’on risquait de faire fermer
l’établissement et que s’ils savaient qu’on en parlait, on serait sanctionnés. »
Accusé de viol en 1998, l’ancien directeur s’est suicidé en 2000.La professeure persiste à vouloir aider les
élèves. « Je suis devenue immédiatement persona non grata ». On l’oblige à
demander une mutation, par la voix du surveillant général, appuyé par le
directeur. Elle refuse. Puis elle est victime d’une « agression » dans la cour,
au printemps 1996, impliquant le surveillant général et un groupe d’élèves.
Elle en ressort avec plusieurs fractures. « Ensuite, dès que je traversais la
cour, [...] on a abîmé ma voiture, on me téléphonait chez moi avec des
menaces », dénonçant également une « ostracisation ». Elle a finalement quitté
l’établissement en juillet 1996 après un rapport qui évoque un « état d’esprit
très négatif ». Françoise Gullung assure avoir eu « beaucoup de soucis » pendant
la suite de sa carrière. Peu après l’inspection d’avril 1996, le recteur de
l’académie de Bordeaux a correspondu avec le père-directeur de Bétharram sur
les « conditions du renvoi » de la lanceuse d’alerte Françoise Gullung.
Le ministre de l’éducation nationale s’appelait François Bayrou."