Ce texte est assez confus et superficiel. L’opinion, c’est d’abord le prêt à penser
disponible collectivement. C’est le « on pense que ». Dans l’opinion,
il y a tout et son contraire. Le « fait d’avoir des opinions » peut
vouloir dire juste s’approprier une idée en l’air. Ce n’est pas suffisant. C’est
tout à fait différent quand nous sommes capables de repenser une opinion
et d’en faire une réflexion pour s’assurer qu’une idée est juste, qu’une
idée est pertinente, et qu’elle pourrait contribuer à un monde meilleur.
Bien sûr que dans l’intimité, on peut avoir toutes les opinions que l’on veut,
bien sûr que l’on est libre à ce niveau. Mais si c’est pour brasser de l’air ou
se raconter des sornettes sans faire l’épreuve de la vérité, autant rêver les
yeux ouverts.
La liberté d’expression est éminemment politique, le
droit de chacun est reconnu de pouvoir exprimer son point de vue dans l’espace
public. Pour les Grecs c’était très important. A l’agora, il fallait écouter
ce qu’un citoyen avait à dire, Platon évoque des châtiments sévères pour ceux
qui aurait eu l’outrecuidance d’empêcher quelqu’un de parler. Les Grecs avait
un sens aigu de la parole publique qui regarde le bien commun.
Mais nous avons largement perdu cet engagement. La
liberté d’expression s’est dévalée dans le ex-primer, tout jeter dehors, tout
en n’importe quoi, même si on n’a rien à dire, même si s’agit seulement de se
faire voir et de se faire valoir, de faire de la provoc’ ou de la propagande. C’est
toujours de l’expression et on appelle encore ça la liberté d’expression.
Alors gardons notre discernement et restons sérieux. Oui, la
liberté d’expression est très précieuse, elle est un test pour savoir si une
société porte encore une vitalité démocratique. Si vous mesurez à cette aune
notre société, vous aurez vite compris que notre pays va mal.