@Rosemar
17 04 2025 Dorinel et moi.
Rosemar parle de « civilisation de la haine ». Elle doit savoir de quoi elle parle.
Moi je vais vous parler de confiance, et, pourquoi pas, d’amour ou en tous cas d’amitié.
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Mon
gros Dorinel, comme vous le savez. est un matou assez âgé. Comme tous
les chats, il est extrêmement méfiant envers ses semblables, et semble
curieusement préférer de loin l’amitié avec des menmbres d’une autre
espèce : Les hommes.
Dorinel est arrivé il y a... quelques années,
dans ma cour. Il avait sans doute vécu une vie auparavant, probablement à
la ville voisine. En tous cas il avait été castré, certainement contre
son gré. Puis abandonné, ramassé par la fourrière et laissé à l’entrée
de notre village dans une de ces camionettes municipales banalisées,
comme cela se pratique partout dans notre beau pays. Ici du moins on ne
gaze pas les chats, comme cela se fait en France...
Dorinel a
probablement erré, et certainement jeûné longtemps avant de rentrer chez
nous par hasard. Il ne portait pas d’écriteau au cou, mais il n’était
pas difficile d’imaginer sa détresse. Ce ne sont pas des vacances pour
un chat d’errer dans un village inconnu, plein de chiens et de renards
la nuit, avec la peur et la faim au ventre. Lui au moins a eu de la
chance, j’étais sur ma chaise longue, il a hésité longtemps avant de
s’approcher. Mais quand je me suis levé et lui ai offert quelques
croquettes, il a sans doute compris qu’il avait gagné le gros lot.
Depuis,
Dorinel est mon ami. Chez moi il sait qu’il ne risque rien. Il dort
parfois sur mon lit et souvent dans mon fauteuil, il nous ramène souvent
le gibier qu’il continue de chasser, sans doute pour partager le fruit
de son travail, aux grands cris de ma femme qui apprécie peu les souris
vivantes dans sa maison. Et le matin, à partir de Pâques, quand je
m’installe au bout de ma vigne avec un café fumant, Dorinel accourt, il
grimpe sur mes genoux, et s’endort la tête sur ma cuisse.