@chantecler
Marx avait il prévu la
surproduction ?
La robotisation à outrance ?
Des robots fabriquent des voitures ou des téléphones ou n’importe
quoi ,à jet continu
Effectivement
Marx n’aimait pas trop les « prédictions » contrairement à ce que l’on
suppose généralement, mais il ne dédaignait pas de faire éventuellement de la
prospective à partir de ses observations, surtout dans ses notes qui n’étaient
pas destinées à publication, mais qui ont été finalement éditées parfois
longtemps après sa mort. C’est le cas des Grundrisse qui sont un ensemble de
carnets de notes de 867 pages au total, dans l’édition allemande PDF. Cet
ensemble de textes, écrit dix ans avant la parution du Capital, présente l’intérêt
majeur, malgré le style aride d’un carnet de notes, de ne pas être « contextualisé »
par un projet éditorial, même s’il a donc en partie servi de base à d’autres
ouvrages ultérieurs, dont Le Capital.
Dans
cet ouvrage Marx se livre donc à une prospective à partir des processus d’automatisation
déjà en cours dans les usines de son époque, uniquement mues par l’énergie à vapeur. C’est
sans doute le texte le plus fascinant de Marx et qui a notamment servi aux
économistes US pour chercher à comprendre les implications économiques de la
robotisation. Exemple :
https://medium.com/@MichaelMcBride/did-karl-marx-predict-artificial-intelligence-170-years-ago-4fd7c23505ef
Dans cet article, les citations de
Marx sont tirées des « Grundrisse ».
https://www.marxists.org/archive/marx/works/download/Marx_Grundrisse.pdf
https://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/index.htm
Le texte allemand d’origine :
Grundrisse -VO allemande
http://dhcm.inkrit.org/wp-content/data/mew42.pdf
Pas de traduction française ni
complète ni correcte, en ligne.
D’une manière générale il faut se
méfier des « traductions » françaises des textes de Marx, souvent
approximatives ou « revisitées », « restructurées », voire « augmentées »
de passages apocryphes !
Les meilleurs liens et en PDF dans les
trois langues sont regroupés à la page d’accueil de ce blog :
https://archivmarx.wordpress.com/
Evidemment Marx espérait donc que l’automatisation puisse être mise au
service du progrès social. L’automatisation la plus complète de la production,
même telle que vue par Marx en 1857, mène à la fin de l’effet de la loi de la
valeur au sens d’une corrélation directe entre valeur et temps de travail, qui
est à la base de son ouvrage Le Capital, dix ans plus tard, dont il connaissait
pertinemment les limites, pour les y avoir mises lui-même, en quelque sorte !
Au-delà de cette limite, c’est donc déjà l’époque où nous sommes et où la
corrélation directe entre valeur et temps de travail est en train de
disparaître sous l’effet de la robotique, de l’informatisation de toutes
choses, de l’IA, etc…
A l’ère des Gafam et des mastodontes industriels robotisés Le capitalisme
stricto sensu ne survit donc plus que de façon de plus en plus marginale, dans
les zones de « sous-développement », et encore…
Le banco-centralisme, basé sur la domination du capital fixe et sa valeur
d’usage, est donc quasiment un autre système de domination de classe, particulièrement
absurde, et dont vous semblez percevoir l’absurdité, telle que décrite dans
votre post. C’est un système qui, à terme, ne mène pas nécessairement à la
surproduction, mais plus logiquement à un système de contrôle social
totalitaire type « crédit social à la chinoise ».
Luniterre