@Fergus
Et donner ce droit de choix à ceux qui le souhaitent
n’enlève rien aux autres !
Cet argument sonne agréablement aux oreilles, mais il ne
fonctionne pas.
Car il ignore toute les dimensions symbolique et collective de
la vie en société, en ramenant tout au niveau pragmatique, au confort individuel.
Le médecin soigne, c’est le serment d’Hippocrate. Il serait
commode et économique, sans rien enlever aux autres, de gérer le suicide
assisté à l’hôpital, avec un environnement médical de volontaires, sans
remboursement. Mais on ne le fera pas pour raison symbolique.
Il y a mille choses qu’une société pourrait autoriser sans
« rien enlever aux autres ». Et cependant, elle ne le fait pas, et
c’est ce qui fait qu’on constitue une société.
Le tabac est un bon exemple : il sera progressivement
éradiqué, en le taxant à mort, un jour il sera interdit. Et pourtant, fumer un
cigare en plein air ne fait pas de mal « aux autres » (une mort
prématurée est une économie pour l’Etat).
Les « autres », c’est ceux
avec qui on fait société : on leur doit respect et attention. Les agresser
symboliquement est à éviter.
La prostitution ne fait pas de mal « aux autres »,
la prostituée agissant librement, et pourtant une loi l’interdit. La pornographie
pour adultes ne fait aucun mal « aux autres ». Suffit de pas la
regarder. Cependant, tout ce qui dégrade « les autres » sans me toucher
me concerne.
Je découvre que je vis en société ! Je vous recommande
une telle découverte.