@agent ananas
Puisque vous insistez lourdement...
Dans ces memorandums, il était essentiellement question du désarmement et de l’unification de l’Allemagne. Vous avez soigneusement choisi des extraits où il est question de l’unification de l’Allemagne. Dans deux de ces extraits, les expressions « l’OTAN ne s’étende pas vers l’est » et « les forces de l’OTAN ne se déplaceraient pas vers l’est » concernent l’Allemagne de l’Est. Cet engagement de ne pas étendre les forces de l’OTAN sur le territoire de l’Allemagne de l’Est a été respecté.
Dans le troisième extrait, il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’une discussion entre diplomates de pays de l’OTAN comme pour le document que j’ai publié sur la réunion du 7 mars 1991. Ce memorandum britannique fait état de la position de l’un des participants nommé Genscher. Celui-ci aurait été partisan de donner des garanties de non-extension de l’OTAN vers les pays de l’Est à la Russie.
La seule chose qui marque ici des divergences entre les diplomates c’est qu’il ajoute : "Genscher et Hurd
ont tenu les mêmes propos à leur homologue soviétique Édouard Chevardnadze et à
James Baker". Cela est contredit par Édouard Chevardnadze.
Je rappelle ce qu’il a dit en 2009 dans une interview accordée en allemand.
« À l’époque, nous ne pouvions pas croire que le Pacte de Varsovie puisse
être dissous. C’était au-delà de notre domaine de compréhension. Aucun
des pays participants n’avait de doute sur le Pacte de Varsovie. Et les
trois États baltes, qui font maintenant partie de l’OTAN, faisaient
alors encore partie de l’Union soviétique. »
La dissolution du pacte de Varsovie et, a fortiori,
l’absorption dans l’OTAN des pays de l’Est et de certaines républiques
ex-soviétiques étaient tout simplement quelque chose d’inimaginable. Le
journaliste de Spiegel
qui essaie de lui faire dire qu’il y avait eu des promesses
de non-extension en est pour ses frais. Il insiste lourdement, mais les réponses de Chevardnaze ne varient pas. En voici la liste :
- « C’est la première fois que j’en entends parler.
- Cela n’a jamais été discuté en ma présence.
- Cela
a peut-être été discuté après ma démission du ministère des Affaires
étrangères en décembre 1990. Cependant, pendant mon mandat, ce n’était
pas le cas.
- Gorbatchev avait cette idée (adhésion de
l’URSS à l’OTAN), mais il n’a jamais pris de mesures réalistes pour y
parvenir. C’est pourquoi il n’a jamais été vraiment discuté entre les
dirigeants soviétiques.
- La question ne s’est jamais posée. »
Voilà
bien l’état d’esprit de tous à cette époque : la sortie des pays
d’Europe de l’Est du pacte de Varsovie dépassait le domaine de la
compréhension. Personne ne pouvait se préoccuper d’élargissement de
l’OTAN dans ces conditions.