@Nocteau
Que des masses de gens aient plus de facilité à se définir par rapport à une norme, je le comprends très bien... je connais des gens qui m’ont aussi parlé de leur « liberté sous le joug soviétique »... Je ne sais pas si l’on peut parler de liberté, ou plutôt de « calme psychique et spirituel »... il y en a qui se sentent rassérénés dans la hiérarchie rigide de l’armée. En ce sens, on peut parler d’une forme de liberté... mais enfin, l’homme est supposément appelé à dominer ses propres passions sans nécessairement passer par une dictature extérieure s’imposant en même temps à ses congénères !
Pour ma part, je pense que le libéralisme ne se conçoit qu’en fonction d’une sorte de conservatisme ou de rigueur intérieure. L’individu est renvoyé au gouvernement de lui-même. C’est pourquoi, selon moi, les authentiques libéraux ont nécessairement une part de conservatisme. Et je proteste assez vigoureusement dans mes commentaires sur ce site contre ceux qui, sous prétexte de maximalisme libertaire, en viennent bientôt à ruiner la liberté dans la tyrannie des relativismes, des passions, des angoisses ou des utopies...
Frédéric Bastiat, Edmund Burke, Léo Strauss, Bertrand de Jouvenel, etc. la pensée « libéral-conservatrice » parle depuis longtemps de cette question. Dommage qu’elle ne soit pas mieux connue du débat public en France (quelle que soit notre opinion au final).