@La Bête du Gévaudan
Comme je
vois que cela vous fait du bien de vous indigner, un petit cadeau pour corser
votre sainte colère. Si un jour vous sentez que vous en avez besoin, n’hésitez
pas, j’en ai d’autres de la même eau 
À propos
de ceux qui ont aidé les nazis à envahir l’Europe
Un rappel tiré du livre d’Hervé
Le Tellier publié en 2024 « Le nom sur le mur » faisant revivre à
travers un nom le quotidien et, donc une époque, d’un jeune résistant oublié,
mort au combat à 20 ans en août 1944.Un très très beau livre plein de vie et de
mémoire (160 pages).
« Cet automne de 1972
,alors que je lisais le livre de Primo Levi, un parti était fondé, le 5 octobre
exactement, « le « Front national ».On parle du
« nouveau », pas du vrai, celui de la Résistance, l’extrême-droite
ayant toujours aimé brouillé les repères, défaire le sens des mots, et les
salir au passage.
On y découvre, libres depuis
longtemps, bien, des rescapés du réseau nazi :celui qui dépose les
statuts, accompagné par un ancien député poujadiste plus présentable que lui et
dénommé Jean-Marie Le Pen, s’appelle Pierre Bousquet.Bousquet est l’un de ces
trois cents Waffen-SS de la division Charlemagne protégeant jusqu’au bout le
bunker de Hitler à Berlin en avril 1945, des soldats de l’Armée Rouge.
Le premier secrétaire du FN
s’appelle, lui, Victor Barthélémy :c’est le numéro deux du PPF, le parti
de Doriot, et l’un des fondateurs de la Légion des volontaires français contre
le bolchévisme, cette fameuse LVF portant uniforme allemand, et qui
fusionnera avec les Waffen-SS Charlemagne. Barthélémy, milicien, auxiliaire
zélé de la police pendant la rafle du Vél’d’Hiv, se réfugiera en 1944 dans
l’éphémère et sanglante République de Salò de Mussolini, tentera de fonder
début 45 un « maquis blanc » en France. Fait prisonnier, il obtient
de passer devant un tribunal militaire, lui, le civil :un bon choix, il
fait quelques mois de prison.
N’omettons pas André Dufraisse,
cofondateur du FN, lui aussi engagé dans la LVF, puis dans une division blindée
allemande sur le front de l’Est.Ce qui lui valait chez ses amis du Front
National le surnom affectueux de « Tonton Panzer ».
On pourrait étirer longtemps la
liste de ces anciens nazis français présents à la fondation de l’ancêtre du
Rassemblement National : Léon Gauthier, cofondateur du FN, quelques années
plus tôt, « saint des saints de la Wafen-SS » selon l’expression
de Jean Mabire, hagiographe de ce corps d’armée. Roland Gaucher, membre de son
comité directeur, qui écrivait en mai 1944 dans le National populaire, sous son
vrai nom de Roland Goguillot, que « la législation antisémite pèche
par de grands défauts.Elle n’est pas suffisante, elle n’est pas
appliquée ».François Brigneau , premier vice-président du FN,
propagandiste raciste et antisémite dans la Fronde, dont le « manifeste »
refuse que des « nomades » plus ou moins francisée par le Journal
Officiel ne fassent la loi chez nous. Pierre Gérard , secrétaire général du FN
en 1980, et sous Vichy numéro deux de la Direction générale de l’aryanisation
économique et directeur de la propagande du Commissariat général à la question
juive.
J’en oublie mais j’en ai fini.C’est
décidément non, la mansuétude n’est pas de mise. S’il est écrit sur les
monuments aux morts qu’André et Célestin sont « morts pour la
France », alors ces gens-là ont vécu contre elle, et ceux qui leur
succèdent et perpétuent leurs obsessions aussi. »