Mais n’oubliez pas cela !
Les Etats-Unis et la question coloniale
en Afrique du Nord 1945-1962
Samia EL MECHAT
Les Etats-Unis opèrent en 1942 une entrée politique et militaire en
Afrique du Nord : la participation à la libération de la région et
l’expression du souci de tenir compte des aspirations nationalistes en
sont les manifestations significatives.
Le débarquement est un choc pour les nationalistes algériens et marocains qui rencontrent, pour la
première fois, sur le sol d’Afrique du Nord, les Américains, - qui
distribuent vivres et vêtements - en libérateurs.
( Souvenez vous Nuland et ses petits pains, lors du Maïdan)
Ils fondent alors les plus grands espoirs sur les Etats-Unis dont le président ED. Roosevelt n’a pas caché son idéologie anticoloniale.
( Heu ! les amérindiens n’ont pas eu beaucoup de choix ; se soumettre ou mourir..)
De fait, la première influence étrangère qui se manifeste avec force
dès 1941-1942 dans le sens de l’anticolonialisme est celle des Etats-
Unis.
La Charte de l’Atlantique, diverses déclarations officielles et
publiques, notamment celle du secrétaire d’Etat Cordell Hull, sont
ressenties comme un avertissement, une sombre menace pour la
française dans la région, et cela en dépit de l’engagement de
l’administration américaine à respecter le statu quo colonial.
La Ferhat Abbas-Robert Murphy, qui ne fait aucune promesse de
libération aux Algériens ; celle entre Roosevelt et le sultan Mohamed
Ben Youssef en janvier 1943 ; enfin, l’attitude du Consul H. Doolittle
qui parvient à soustraire Bourguiba à des poursuites judiciaires en avril
1943 sont perçues comme un signe du soutien des Etats-Unis aux
d’indépendance nord-africains.
Pourtant, ce sentiment, qui est largement répandu dans la société française, et plus encore coloniale, relève plus de la « perception » que d’une analyse serrée de la réalité.
On ne saurait cependant négliger le fait que les Américains ont
répandu à profusion des milliers d’exemplaires de la Charte et qu’ils
n’ont jamais démenti les nouvelles selon lesquelles la conférence de San
Francisco allait obliger la France à renoncer à sa souveraineté en
Algérie et à ses protectorats marocain et tunisien. La propagande de
guerre des Etats-Unis a été indirectement responsable du sursaut
nationaliste en Afrique du Nord, mais cet intérêt des Etats-Unis pour
l’Afrique du Nord « française » ne relève pas de l’idéalisme pur.
Outre-Mers, T. 96, N° 358-359 (2008)
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II s’agit d’abord d’un intérêt économique. L’exemple le plus frappant
est celui du Maroc où, de 1943 à 1945, la résidence générale s’inquiète
de la place prépondérante que tiennent les Américains dans la conduite
des affaires économiques et ne cesse de dénoncer les activités des
agents américains de l’OSS.
C’est aussi un intérêt stratégique. Les bases que les Etats-Unis
installent et développent au Maroc entre 1942 et 1945 montrent que les
questions de sécurité sont au cœur des préoccupations américaines. Le
Conseil national de sécurité réaffirme en mars 1948 que « l’Afrique du
Nord joue un rôle important dans la sécurité des Etats-Unis du fait de
sa position géographique, située au cœur des voies de communications.
avec la Méditerranée orientale et le Moyen-Orient... »