@Eric F
« Les plus radicaux ont
pensé qu’il fallait formater dès le plus jeune âge à l’esprit d’une société
sans classe, mais ça dérive à l’embrigadement. »
Ça ne reflète pas du tout mon
point de vue, mais je comprends qu’on puisse le penser aux vues de l’histoire.
Contrarier la nature humaine n’est pas la solution, elle engendre de la
violence et des tensions. La coopération n’est pas l’uniformisation non plus. Ce
que l’on relève aussi lorsque l’on étudie les dynamiques sociales c’est le
nombre d’idées fausses (bien souvent négatives), de « malentendus » entre
groupes antagonistes. L’idée est que chacun de ces groupes, comme les individus,
gardent leur identité propre, mais que des structures sociales adaptés
(éducation incluse) permettent de ne pas aboutir à ces malentendus qui freinent
la coopération et la résolution des conflits entre ces groupes sociaux. C’est
un premier point qui découle de phénomènes complexes (nos instincts, nos
fonctionnement cognitifs et autres). Mais un premier point qui peut être
amélioré.
Ensuite l’être humain est
capable du pire comme du meilleur, les expériences montrent qu’il n’est pas
foncièrement égoïste contrairement à ce que peut dire la théorie économique de
base, ou encore les « l’homme est un loup pour l’homme ». L’égoïsme
humain est plus subtil et nuancé que ça. Ça dépend aussi souvent du contexte. Ainsi
on a aussi envie de créer du lien avec les autres, on a aussi un profond dégout
pour ce qui est injuste, c’est en quelque sorte codé dans nos instincts (le
système limbique). Dans une cour de récréation les enfants sont capable autant
de cruauté que d’altruisme. Des théories éducatives permettent de pallier
certains inconvénients sans toutefois dénaturer ou uniformiser l’être humain,
mais plutôt aller dans le sens de ces instincts positifs, valoriser ce qui fait
son caractère et le rendre épanoui.
Mais basiquement on évalue
tout sous forme de menace ou de satisfaction possible, et des fois les menaces
comme les satisfactions sont illusoires. Là encore le contexte social aidera ou
non. Et ces malentendus entre groupes sociaux antagonistes sont souvent traduits
par des menaces fictives, et les menaces perçues bloquent les capacités
cérébrales pour activer les zones émotives et instinctives, tendent vers la subjectivité
et les solutions non adaptées, si ce n’est souvent l’agressivité (c’est juste
le fonctionnement de notre cerveau). Ce sont des phénomènes complexes.
Mais la coopération dans une
démocratie c’est déjà faire en sorte que ces groupes antagonistes puissent
communiquer sereinement pour résoudre leurs différents types de conflits
(notamment d’intérêts), ça ne veut pas dire qu’ils doivent vivre ensemble
24h/24h ou renier leur identité. Les sciences de l’éducation comme les
neurosciences sont suffisamment avancées pour apporter des solutions sans
tomber dans « l’embrigadement » que vous dénoncer à juste titre, mais
au contraire laisser chaque identité s’exprimer, permettre la liberté d’être de
chacun. C’est ça une éducation adaptée et intelligente, permettre de rendre l’individu
serein et responsable sans qu’il tombe dans la névrose, la psychose ou autre
parce qu’on a trop voulu contrarier sa nature. On en revient au « Ça nécessite
une réflexion sur l’existant. ». Comme ça nécessite un changement de
paradigme. Ce n’est plus à l’humain de s’adapter à des structures qui renient
sa nature ou le font tendre vers de l’agressivité, mais aux structures de s’adapter
à la nature humaine pour amoindrir les tensions. On passe d’une logique coercitive
qui force la nature humaine (formatage/embrigadement/etc) à une logique
adaptative qui tend à prendre en compte cette nature humaine. Bien qu’il soit
un peu radical sur le libre arbitre cet auteur (Sapolsky) évoque aussi ce point
sur l’environnement qui va entraîner les comportements. Il en existe bien d’autres
et les sciences ont évolué depuis certains préjugés sur la nature humaine qui
sont encore dans notre inconscient collectif mais ne correspondent pas à la
réalité des choses.