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Commentaire de Étirév

sur Le blanc n'est pas le premier raciste dans l'histoire : n'oublions pas la traite arabo-musulmane


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Étirév 5 août 2025 16:13

L’ORGUEIL !
La manie de la priorité règne sur la terre depuis longtemps, elle s’est manifestée de mille manières. D’abord par « l’orgueil terrestre », qui a fait croire à l’homme que son petit monde était tout dans l’univers, puis par « l’orgueil humain » qui lui a fait croire qu’il était le premier parmi les êtres créés. Cependant si, sortant du genre humain, nous mettions en présence un spécimen de chaque espèce animale, nous les verrions tous croire et déclarer leur espèce la meilleure.
Après l’orgueil humain vient l’orgueil de race qui fait faire aux hommes des distinctions suivant leur couleur et leur origine et les persuade tous qu’ils sont les premiers dans le genre humain. Après l’orgueil de race, l’orgueil national qui persuade à chaque peuple que le pays où il a vu le jour possède une supériorité quelconque sur les autres nations. Après « l’orgueil national », l’orgueil de clocher qui, dans une même nation, fait encore supposer aux hommes que, parmi ceux qui la composent il existe des différences et que leur province, leur commune, leur village valent mieux que les autres. Enfin, l’orgueil de sexe qui, dans la famille même, crée des distinctions en faisant croire aux hommes qu’ils possèdent une supériorité quelconque sur les femmes.
Aussi, l’orgueil est le signe ordinaire de la pauvreté de l’esprit.
Précisons qu’il ne faut s’enorgueillir de rien, car il y a toujours un degré supérieur à celui auquel on est déjà parvenu.
Qu’est-ce que l’orgueil : Plus l’homme progresse dans l’évolution descendante, plus il affirme qu’il s’élève, plus il veut dissimuler sa misère morale en se plaçant au-dessus des autres. Il ne s’avoue pas à lui-même qu’il est en déchéance et toute sa vie révèle une crainte inavouée de laisser supposer aux autres cet amoindrissement moral. C’est une tâche qu’il cache soigneusement quoiqu’elle se révèle, malgré lui, de mille manières.
Rien ne le blesse, rien ne l’offense autant que d’être mis à la place qu’il mérite réellement. Si on lui fait remarquer les stigmates de ses vices, si on relève dans sa conduite les actions qui en sont la preuve, il les nie effrontément, malgré l’évidence des faits, ou les présente, au contraire, comme un signe de progrès, tout en rejetant sur les autres les accusations dont il est l’objet ; car le dégénéré se fait toujours accusateur. Tel un ivrogne qui, en chancelant, dit à ceux qui le regardent : « Vous ne croyez pas que je suis ivre, au moins. »
Les religions opposaient à l’orgueil l’humilité, sentiment qui est une bassesse chez celui qui se met au-dessous de son niveau moral, mais qui est une vertu chez celui qui se fait humble pour se mettre à sa vraie place.
« Nous devons avoir une très haute idée de notre nature et une très basse idée de nous-mêmes. » (Yung).
Il est à remarquer que ce sont les hommes qui sont, plus que les autres, diminués dans leurs facultés primitives qui tâchent de se placer le plus haut dans l’estime du public, pour dissimuler ainsi, par l’affirmation d’une valeur qu’ils ne possèdent pas, leur misère morale. Du reste, ils se font une supériorité factice, basées sur des choses étrangères à leur nature, comme la fortune, les titres, les honneurs, certaines connaissances acquises.
Les différentes manifestations que le mot orgueil résume sont : la fierté hautaine, le mépris des autres, l’estime exagérée de soi-même, la vanité, l’amour de la louange imméritée, c’est-à-dire de la flatterie, et, enfin, la manie de la justification ; l’orgueilleux cherche toujours à justifier les fautes commises, au lieu de les avouer.
Ces caractères de déchéance morale ne peuvent être dissimulés. L’orgueil a toujours été considéré comme le stigmate de la « Chute » qui se montre avec le plus d’évidence, il se révèle, du reste, par l’attitude de la tête et du thorax ; l’homme dont les facultés intellectuelles sont amoindries porte la tête inclinée en arrière. On dirait (et cela est) que le poids de l’encéphale augmente dans la région occipitale et diminue dans la région frontale.
Cette façon de se considérer comme étant ce qu’il n’est pas donne à l’homme l’attitude d’un acteur jouant continuellement un rôle.
J.-J. Rousseau exprime cette idée dans les lignes suivantes : « L’homme du monde est, tout entier, dans son masque. N’étant presque jamais en lui-même, il y est toujours étranger et mal à l’aise, quand il est forcé d’y rentrer. Ce qu’il est n’est rien, ce qu’il paraît est tout pour lui. »
Quelques citations à propos de l’orgueil :
« Entre l’homme et Dieu il n’y a que l’orgueil » (Joseph de Maistre)
« Les autres vices s’attachent au mal, pour qu’il se fasse ; l’orgueil, seul, s’attache au bien pour qu’il périsse. » (saint Augustin)
« Les portes du ciel ne seront pas ouvertes... à ceux qui seront détournés de nos Signes par orgueil : ils n’entreront pas dans le Paradis aussi longtemps qu’un chameau ne pénétrera pas dans le trou d’une aiguille » (Coran, VII 40)
« Oui, les juifs possèdent la révélation relative au Verbe, « Lumière née de la Lumière » ; mais la dureté de leur cœur les aveugle, comme elle les a aveuglés tout au long de leur histoire ; dureté née de l’orgueil. »
(Tommaso Parentucelli, Pape Nicolas V, fondateur de la bibliothèque du Vatican)
« Sûr de lui-même et dominateur »
Clément d’Alexandrie dit que « le myste voit par les Yeux du corps, désire par l’Âme et contemple en Esprit. » Cette contemplation tient donc dans une vue intérieure qui détermine une transformation du regard de chair. Cette perception spirituelle est qualifiée de « délirante » par l’intelligence orgueilleuse qui ne veut pas admettre ce qui lui échappe et la dépasse. Il est d’ailleurs bien vrai qu’il n’y a pas de dialogue possible entre le spirituel et « l’analphabète supérieur » bourré de grands mots, de formules clinquantes et creuses. Il y a entre le contemplatif et le simple, l’humble et le « priant », un dialogue essentiel : celui du Cœur. Il n’y a pas de dialogue entre le contemplatif et l’homme, ivre de puissance et de vanité mentale, sociale ou éruditionnelle.
Tous les moralistes ont dit à l’homme : Abaisse, réprime, étouffe en toi l’orgueil.
Même le Talmud dit : « Si un homme est orgueilleux, cela prouve qu’il a de nombreux défauts. »
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