@JPCiron
Concernant les 12 tribus, je pensais que cette notion s’était diluée après la période de l’exil à Babylone, il pouvait rester une affiliation symbolique mais rien de structurel, tout cela parait assez légendaire.
Au retour de Babylone, les élites judéennes ont voulu refonder un ciment national autour d’une saga religieuse ré-historicisée, je ne sais pas si on peut considérer qu’ ont ’’trompé la confiance’’ de Cyrus II, puisque son successeur Darius a confirmé l’édit, et le protectorat s’est poursuivi près de deux siècles.
La plupart des peuples ont des mythes fondateurs, la ’’dispersion’’ du peuple juif après la destruction du second temple en fait partie, ce qui importe est qu’il y ait eu un ’’sentiment d’appartenance’’ perpétué au fil des temps et une cohésion de groupes juifs dans différents pays. Certes, ceci est une singularité sur une aussi longue période, et à partir du 19è siècle la notion de peuple/nation a pris une place croissante par rapport à l’aspect spécifiquement religieux.
Il y a dans l’imaginaire juif une assimilation entre la période de conquête de la terre promise après le retour d’Egypte (leur histoire est pavée d’exils et de retours), et la restauration de l’Israël contemporain. Jérusalem a continué au long des siècles d’abriter un noyau juif, faisant le trait d’union entre la réalité antique, la religion perpétuée, le mythe, l’alya depuis le milieu du 19è siècle, et le projet sioniste.
PS : la formule que vous évoquez entre fake news et religion rappelle celle qui stipule qu’une religion est une secte qui a réussi. En tout cas l’idée générale parait pertinente, si ce n’est qu’il peut y avoir une plus ou moins haute détermination de la spiritualité -ou de la sagesse- selon les religions, en décapant la part du formalisme rigide ou du folklore.